« On ne demande pas à l'Etat de financer la musique, mais de fixer les règles du jeu. » D'après le ton employé hier lors de la présentation des chiffres du marché du disque par le Syndicat national des éditeurs phonographiques (Snep), on sent que la tension est montée d'un cran. Il faut dire que le marché a connu une énième baisse au premier semestre : - 12,2 % par rapport à l'an dernier.
Alors que les ventes en bacs chutent de 17,7 %, le marché du numérique est le seul motif de satisfaction avec une hausse de 56,9 %. Une embellie à tempérer toutefois selon Christophe Lameignère, patron de Sony-BMG et président du Snep : « Cela ne compense pas les pertes, on ne voit pas émerger un seul modèle économique, mais une multitude, avec des revenus faibles puisque les volumes le sont encore. C'est pour cela que nous avons besoin d'une loi pour encadrer la concurrence sur Internet. » Problème, on a appris hier que la loi Création et Internet, qui doit statuer sur cette question, a été repoussée, au mieux, à Noël.
Autre motif de colère, l'idée d'une baisse de la TVA sur les biens numériques que devait porter la France durant la présidence de l'Union européenne semble enterrée. Du coup, les producteurs se sentent abandonnés, surtout quand ils voient l'énergie déployée pour la télévision publique. « En sept ans, on a perdu l'équivalent du budget de France Télévisions et on n'est pas allé ponctionner les fournisseurs d'accès qui nous l'ont volé », souligne Christophe Lameignère.