DECRYPTAGE - La course est lancée depuis bien longtemps. Reste la dernière ligne droite...
C'est la dernière ligne droite pour John McCain et Barack Obama et quelque 153 millions d'électeurs. 20minutes.fr dresse le mode d'emploi de l'élection présidentielle américaine pour ne pas se sentir complètement perdu dans cette folle nuit électorale qui s'annonce.
Eligibilité
Les candidats à la présidence doivent avoir au moins 35 ans, être citoyen des Etats-Unis à la naissance (
ce qui empêche Arnold Schwarzenegger de se présenter), avoir résidé pendant au moins 14 ans sur le sol américain et, petit détail, ne pas concourir pour un troisième mandat. Bye-bye MM Bush et Clinton. Les vice-présidents ont par contre le droit de se présenter autant de fois à ce poste qu'ils le souhaitent, sauf s'ils ont déjà été présidents deux fois. Bye-bye MM Bush et Clinton.
Date du scrutin
Là-dessus, pas de surprise. Qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige, ou que
le Président soit assassiné, l'élection présidentielle revient tous les quatre ans le mardi suivant le premier lundi du mois de novembre. Cette année, l'élection est prévu le 4 novembre.
Le Jour J
L'élection présidentielle américaine est au suffrage universel indirect. Le jour J, les électeurs ne votent pas directement pour un Président mais pour des grands électeurs «en faveur» d'un candidat. Chaque Etat de l'Union élit un certain nombre de grands électeurs:
entre 3 et 55, selon la population de l'Etat.
Le jour d’après
«The winner takes all». Dans chaque Etat, le candidat arrivé en tête rafle tous les grands électeurs de cet Etat (sauf dans le Maine et le Nebraska où la proportionnelle joue un rôle). Le collège électoral comprend 538 grands électeurs. Pour être Président, il faut obtenir
la majorité absolue au sein de ce collège, soit 270 votes.
Il ne faut en général pas attendre le vote du collège électoral début décembre pour savoir qui est élu président. Les grands électeurs sont loyaux envers leurs candidats, même si rien ne les empêche de voter contre. Comme en France, il est donc possible de voir s'afficher la tête du nouveau président sur les écrans de télé dès le soir ou le lendemain de l'élection. Sauf si l'élection est trop serrée dans des Etats-clés. C'est ce que les Américains appelle le «too close, to call» qui peut laisser planer l'incertitude
pendant plus d'un mois comme en 2000.
Les swing states
C'est l'expression la plus importante du
jargon électoral américain. Les swing states sont des Etats dans lesquels tout peut basculer, autrement dit des Etats qui ne sont pas acquis au camp républicain ou démocrate, si possible fortement pourvoyeurs de grands électeurs. La campagne se focalise alors sur ces quelques Etats qui feront pencher la balance d'un côté ou de l'autre.
Cette année, l'Ohio, la Pennsylvanie et la Floride tiennent une nouvelle fois leur rang de swing states de luxe. Depuis 1960, aucun candidat n'a été élu Président s'il n'a pas remporté au moins deux de ces Etats.
A qui perd gagne
Le suffrage indirect n'assure pas au candidat qui remporte le vote populaire un bureau à la Maison Blanche. L'exemple le plus célèbre est celui de la présidentielle en 2000. Al Gore devançait alors George Bush de près de 550.000 voix, mais le candidat républicain l'emporta grâce à
sa victoire très serrée dans l'Etat de Floride. Ce cas de figure s'était déjà présenté trois fois dans l'histoire américaine, en 1824, 1876 et 1888.
Le bout du chemin
L'élection du nouveau Président est entérinée le 6 janvier par le Congrès. L'homme le plus puissant du monde rentre en fonction le 20 janvier. Sa nouvelle adresse: The White House 1600 Pennsylvania Ave. NW Washington, DC 20500. Faites suivre le courrier.
Vincent Glad