Assouline en procès contre la veuve de Jorge Luis Borges

2 contributions
Publié le 12 septembre 2008.

CULTURE - Le journaliste et romancier condamné...

Il a parlé de Maria Kodama, la femme du défunt écrivain argentin Jorge Luis Borges, comme d’une «veuve abusive» des œuvres de son mari. Le romancier et journaliste Pierre Assouline a été condamné jeudi, pour diffamation, par le tribunal correctionnel de Paris.

Les propos incriminés ont été publiés en août 2006 dans le «Nouvel Observateur». Sous le titre «Vous ne pouvez plus le lire... Le scandale Borges», Pierre Assouline assurait que Maria Kodama «dispos(ait) à sa guise» de l'oeuvre de l'écrivain né en 1899 à Buenos Aires et évoquait des «manipulations testamentaires», à la suite du mariage de Borges avec cette femme de 40 ans sa cadette. Le journaliste l’accusait en outre de «s'opposer à la réédition» dans la collection La Pléiade (Gallimard) des oeuvres complètes de son mari, dont elle détient les droits depuis sa mort en 1986.

Le contexte

Lors d’une première audience le 12 juin, Pierre Assouline a expliqué avoir décidé d'écrire cet article après avoir réalisé que les oeuvres complètes de Borges dans La Pléiade étaient des «collectors» quasi «introuvables». Et un confrère du Nouvel Obs d’en rajouter à propos de la veuve de Borges: «Après avoir été souvent déboutée pour des plaintes similaires, il faut qu'elle ait de sérieux intérêts à défendre (elle préparerait sa propre édition d'”Oeuvres complètes”).»

D’après le blog Les Chroniques judiciaires, les magistrats ont eu du mal à relever la portée diffamatoire de l’article en question. «Les motivations des poursuites en diffamation sont apparues fragiles dans la plaidoirie de Me Skornicki (l’avocate de Maria Kodama, ndlr). La procureure Anne de Fontette l’a d’ailleurs relevé assez sèchement à l’encontre de la partie poursuivante en soulignant que dans le “portrait assurément critique, écrit avec une plume vive” livré par Pierre Assouline, elle “cherchait encore les imputations diffamatoires”.»

Amende

Mais le tribunal a finalement noté que «l'imputation de s'être livrée à des manipulations testamentaires» est bien diffamatoire, en ce qu'elle présente Maria Kodama «comme manipulatrice et cupide». Les magistrats n'ont pas octroyé à l'écrivain «le bénéfice de la bonne foi», estimant qu'il n'avait pas usé des «réserves» qui s'imposaient.
 
Au final, le tribunal a condamné Jean Perdriel, alors directeur de publication du magazine, à une amende de 1.000 euros et Pierre Assouline à 1.000 euros également, mais avec sursis. Les prévenus devront verser solidairement à la partie civile un euro de dommages et intérêts et 5.000 euros de frais de justice.
Avec agence
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr