Le nouveau roman de Yasmina Khadra a tout d'un classique. Ce que le jour doit à la nuit (Julliard) est une grande histoire sentimentale riche d'un fond historique et d'une intensité dramatique digne des Docteur Jivago, Guerre et paix ou Autant en emporte le vent. Le roman raconte comment un petit garçon, né pauvre dans un village algérien des années 1920, voit sa vie transformée le jour où son père le confie à un oncle pharmacien, riche et oranais. Younès grandit sous le nom de Jonas, puis devient pharmacien, dans une Algérie qui se disloque, où il faut choisir son camp comme ses amours : le héros est camusien, le drame a l'épaisseur d'une tragédie grecque. « Je n'ai pas écrit ce livre, je l'ai lu. C'est le seul à m'avoir fait moi-même pleurer. » Après ses grands succès marqués par l'actualité que furent les Hirondelles de Kaboul, L'Attentat ou Les Sirènes de Bagdad, l'écrivain projetait de raconter une grande histoire d'amour. « Tout ce que j'ai écrit jusqu'à présent a préparé ce livre. » Cette histoire, Yasmina Khadra la porte depuis qu'il est passé il y a 26 ans dans le village de Rio Salado, situé à 60 km d'Oran. « C'est ce village qui m'a inspiré le roman : il dégage quelque chose d'heureux, porteur de tant d'histoires » A l'époque, il est militaire dans l'armée algérienne. Quelques livres et des années plus tard, il est enfin prêt à écrire. L'immense coup de coeur pour ce lieu ne s'arrête pas là : l'écrivain rêve de faire de Rio Salado le bercail des pieds noirs et des Arabes.