Un prévenu tue son co-détenu à Rouen

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Publié le 11 septembre 2008.

PRISON - L'agresseur est un meurtier présumé, la victime était écrouée pour infraction routière...

Un détenu de la prison de Rouen a tué son compagnon de cellule ce mercredi. L'agresseur était un multirécidiviste âgé de 20 ans tandis que la victime, âgée de 26 ans, était écrouée pour récidive de conduite en état d'ébriété, selon LCI.fr.

Contactée par 20minutes.fr, la maison d'arrêt de Rouen n'était pas en mesure de confirmer l'information. L'Administration pénitentiaire précise quant à elle qu'une enquête judiciaire a bien été ouverte. Le procureur-adjoint de Rouen n'était pas joignable pour le moment.

L'agresseur incarcéré pour meurtre

Selon le secrétaire général de FO pénitentiaire, Christophe Marques, «le drame se serait produit dans la première partie de la nuit et la victime aurait été attaquée à la gorge». Le délégué régional FO pénitentiaire, Yannick Lasserre, confirme qu'une «surveillante de la prison a découvert le corps à 22h42 et que la victime aurait été égorgée». Comme le préconisent les nouvelles règles pénitentiaires européennes, «les deux détenus de la cellule étaient des prévenus (ils n'avaient pas encore été jugés, ndlr)», ajoute-t-il, précisant que «l'agresseur devait être jugé pour meurtre». Selon LCI.fr, il s'était déjà fait remarquer lors d'une autre bagarre en prison l'été dernier mais n'avait pas été considéré comme «dangereux» par les psychiatres qui l'avaient examiné.

En janvier 2007, un détenu de la maison d'arrêt de Rouen était souçponné d'avoir battu et asphyxié son codétenu avant de manger des parties de son corps. Il a été déclaré irresponsable en novembre de la même année.

Surpopulation dans la prison

Cette nouvelle affaire risque en tout cas de relancer le débat sur la prise en charge des troubles psychiatriques en milieu carcéral. Ainsi que sur la surpopulation des prisons françaises et l'opportunité ou non de l'encellulement individuel.

La prison de Rouen, ouverte en 1864, «est actuellement en surpopulation, avec 751 prisonniers pour 647 places», rappelle Christophe Marques. En mars dernier, le tribunal administratif de Rouen avait condamné l'Etat à verser 3.000 euros à un détenu pour «préjudice moral», en considérant qu'il avait été incarcéré «dans des conditions n'assurant pas le respect de la dignité inhérente à la personne humaine». Le tribunal avait notamment souligné les mauvaises conditions de détention dans cet établissement qui constituent «un manquement aux règles d'hygiène et de salubrité telles qu'elles sont définies par les articles du code de procédure pénale».


C. F. (avec agence)
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