FOOTBALL - Petite victoire de l'équipe de France face à la Serbie (2-1), mais Raymond Domenech sauve sa tête...
Ce n’était pas la prise de la Bastille, mais presque. A Saint-Denis, dernière demeure de nombreux rois de France, il y avait comme une atmosphère révolutionnaire. Dans le rôle du monarque en sursis, Raymond Domenech, hué par le Stade de France.
Le sélectionneur français en avait d’ailleurs rajouté ces derniers jours, en invoquant tour à tour la guillotine et l’échafaud. Les drapeaux bleu-blanc-rouge distribués aux spectateurs pour colorer le stade au tiers vide (53.027 spectateurs... ) en rajoutaient dans l’ambiance sans-culotte.
Pourtant, les coupeurs de têtes en furent pour leur frais. En assurant trois points face à la Serbie, les Bleus ont sauvé la patrie, sans toujours convaincre. La faute à une fébrilité qui a failli coûter cher à l’arrière-garde bleue en début de match. Même imprécision dans l’attaque tricolore, où Benzema et Henry peinent toujours à combiner. Le premier est d’ailleurs remplacé à la mi-temps par Nicolas Anelka. Un changement qui donne de l’air aux Bleus.
Résultat à la 54e minute. Slalom de Govou dans la défense, qui sert Henry à la limite du hors jeu, côté droit. Un extérieur du pied dans le petit filet plus tard, le stade explose. Domenech souffle.
Le Stade de France acclame le roi Henry. Nouvelle ovation une poignée de minutes plus tard pour le but de la délivrance, œuvre de Nicolas Anelka (63e), seul entre trois défenseurs serbes. Les Bleus pensent bien avoir retrouvé l’essentiel, la confiance qui leur fait cruellement défaut depuis juin. Pas pour longtemps. Sur corner, Branislav Ivanovic réduit la marque (2-1, 77e), trop tard. Les Bleus ont rempli le contrat, la guillotine attendra.
Pierre Koetschet, au Stade de France