Tom Arnold, un clown bouleversant à Deauville

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Publié le 10 septembre 2008.

INTERVIEW - Victime d'un pédophile dans son enfance, le comédien revient sur son expérience et explique pourquoi il a accepté de jouer le rôle d'un pédophile dans «Gardens of Night»...

Si Tom Arnold est surtout connu pour ses rôles légers dans la sitcom «Roseanne», «True Lies» de James Cameron ou «Austin Powers» de Jay Roach, cet excellent comédien s’est aussi illustré dans des rôles sérieux dans «Animal Factory» de Steve Buscemi ou «Gardens of the Night» de Damian Harris, le film le plus remarqué en ce troisième jour de compétition à Deauville. Le comédien nous a parlé à cœur ouvert ce mercredi.



Pourquoi avoir accepté de jouer un pédophile?
J’aimais la façon pudique dont le scénario était conçu et c’était aussi un moyen de faire la paix avec mon passé. Lorsque j’étais gamin, je suis tombé sous la coupe d’un pédophile. Mes parents me confiaient à lui en toute innocence et il était tellement manipulateur que j’en venais à considérer comme normal tout ce qu’il me faisait subir. Ce n’est que vers l’âge de trente ans que j’ai compris à quel point j’étais traumatisé.

Ce film vous a permis de faire la paix avec le passé?
Dans un certain sens. J’ai pu affronter mes démons en reprenant certaines choses que ce pervers m’avait dites. Il est important de parler de ces sujets d’autant plus que les enfants se sentent tellement coupables qu’ils n’osent pas parler. C’est encore davantage le cas pour les garçons car la dimension homosexuelle entre en ligne de compte.

Etait-il difficile de jouer avec la fillette de huit ans que vous êtes supposé violer?

Le plus dur a été de ne pas devenir trop copain avec cette gamine charmante entre les prises. Il ne fallait pas qu’elle me considère comme un ami ce qui aurait nui à sa performance. En fait, nous avions un faux scénario pour la mettre en condition sans la traumatiser.

Que retiendrez-vous de votre passage à Deauville?

Le public était chaleureux, ouvert et sensible. Les gens avaient vraiment l’air de bien comprendre le film et d’avoir envie d’en parler. En fait, c’est cela qui est le plus important. Ce type de sujets est difficile à aborder parce qu’il est terriblement douloureux. Si le cinéma peut distraire, son rôle est aussi de faire connaître une réalité pénible pour éviter qu’elle se reproduise indéfiniment.
Caroline Vié
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