PARIS - une information judiciaire pour «homicide involontaire aggravé» est ouverte...
Le motard de la police qui a renversé lundi soir une femme, décédée des suites de ses blessures, conduisait alors qu'il avait bu de l'alcool, d’après l’AFP citant une source judiciaire.
Le degré d'alcoolémie du policier n'a pas été précisé par le parquet qui a ouvert une information judiciaire pour «homicide involontaire aggravé» par l'état alcoolique du motard.
Le suspect sous contrôle judiciaire
Le fonctionnaire de police, suspendu de ses fonctions et en garde à vue depuis lundi, est en cours de défèrement devant le parquet de Paris.
Il doit être présenté à un juge d'instruction dans la nuit de mercredi à jeudi en vue de son éventuelle mise en examen, a indiqué le parquet, qui a requis son placement sous contrôle judiciaire.
Renversée alors qu’elle traversait la rue
Les faits se sont déroulés sur le boulevard Soult, dans le 12e arrondissement de Paris, lundi vers 22h, mais les conditions exactes de l’accident n'étaient toujours pas connues avec précision mercredi soir, selon une source officielle citée par l’AFP.
Alors qu'elle traversait le boulevard, la victime, dont l'identité n'a pas été révélée, a été renversée par un homme de la brigade motocycliste de la direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) de la Préfecture de Police, qui a notamment la charge des escortes officielles.
Soignée sur place pendant une heure
Sous la violence du choc, elle a eu une jambe sectionnée, une autre source proche du dossier ajoutant qu'elle avait «eu de graves blessures au bras».
Après avoir été soignée sur place en raison de la gravité de ses blessures, elle a été transportée une heure plus tard à l'hôpital, où elle est décédée mercredi matin.
Le motard, qui circulait avec d'autres collègues, était «en mission», a précisé mercredi la Préfecture de Police. Son plus proche équipier a également été entendu. Le directeur de la DOPC, Jean-François Demarais, a affirmé «qu'une enquête était en cours afin d'établir les circonstances de cet accident».
Des témoins se manifestent
Selon la source proche de l'enquête, plusieurs témoins présents sur les lieux de l'accident, où il y avait une «vive émotion», se sont manifestés auprès de la police. Ils ont été entendus par le service spécialisé dans les accidents à la Préfecture.
Certains de ces témoins ont assuré que le policier «roulait vite» et que la victime empruntait un passage protégé. Une version que nie le motard incriminé. Il avait son gyrophare en action et était effectivement «en mission» et «entre deux escortes».
J.M. avec agence
Des accidents «rares» mais «sévèrement sanctionnés»
En février 2008, une femme enceinte avait été blessée dans une collision entre sa voiture et un véhicule de police-secours dans le 17e arrondissement de Paris. En juillet 2005, un gardien de la paix conduisant un véhicule de service avait blessé un piéton dans la capitale. Son taux d'alcoolémie s'élevait à 0,52 grammes. Selon une source policière citée par l’AFP, les accidents de cette nature sont «rares» à Paris et «sévèrement sanctionnés» s'il y «a eu faute».