ARMEE - Cinq militaires ont reconnu une mauvaise gestion des armes et des munitions dans la caserne, selon France Info...
De quoi relancer la polémique au sujet de la
fusillade de Carcassonne qui avait fait
17 blessés dans une foule de spectateurs. Selon cinq militaires interrogés par les gendarmes peu après l’accident, les armes et les munitions n’étaient pas suffisamment surveillées dans cette caserne, affirme «
France Info», mercredi matin. Une
information confirmée par l'armée via son service de communication, le Sirpa-terre, ajoute le site de la station.
«Personne n’ira vérifier le nombre de cartouches tirées»
Le règlement de l’armée, qui prévoit qu’après chaque exercice à balles réelles, les soldats doivent vider leurs chargeurs et rendre les balles non utilisées, n’était pas respecté. Pire: l’un des soldats interrogé reconnaît qu’il est possible de garder des balles réelles sans les restituer à l’issue d’un tir. «Personne n’ira vérifier le nombre de cartouches tirées, le nombre de cartouches rendues et ce que fait chacun d’entre nous, explique-t-il. Pour ma part, ça m’est arrivé de garder des munitions à balles réelles sachant que j’avais un autre tir le lendemain.»
Au lendemain de la fusillade, le ministre de la défense, Hervé Morin, avait aussitôt épinglé la gestion des munitions. Une affaire qui avait entraîné la
démission du général Bruno Cuche de ses fonctions de chef d'état-major de l'armée de terre.
«Je ne voyais plus la foule»
Autre erreur pointée par les soldats, l’organisation de la manifestation. «Concernant le scénario des démonstrations, il y a eu des correctifs entre temps. Il y a eu une note pour ce changement, que je n’ai pas vue, souligne un autre, lieutenant. Au départ, la tente avec le public devait se trouver dans l’angle, à l’opposé de là où elle se trouvait. Mes hommes se sont entraînés 2, 3 jours avec cette configuration. Il n’y a pas eu de mesures de sécurité particulière liée à la présence de la foule.»
Un autre affirme même que l’utilisation de fumigène, prévue par le scénario de la démonstration, a bien joué «son rôle d’écran». «Je ne distinguais plus le plastron (l’assaillant qui sort de la foule, ndlr) avec la fumée, ajoute-t-il. Je ne voyais plus la foule non plus.»
Sandrine Cochard