Les médecins faisaient ce qu'ils voulaient, à savoir un peu n'importe quoi. Le service de radiothérapie de l'hôpital d'Epinal, où 5 500 patients ont été surirradiés de 1987 à 2006, fonctionnait « de façon quasi autarcique » entre 2001 et 2006, selon un rapport de la chambre des comptes de Lorraine révélé hier par L'Est Républicain. Faisant face à des médecins hostiles, la direction de l'établissement ne parvenait à exercer « aucun contrôle administratif », toujours selon ce rapport. En 2005, le service fonctionnait pourtant « dans l'illégalité totale », avec un seul radiophysicien (au lieu de deux), qui travaillait en parallèle dans une clinique, alors qu'il était « contractuel à temps plein de l'hôpital ». Des patients étaient dès lors irradiés en l'absence d'un radiophysicien, ce que le règlement interdit. L'affaire d'Epinal constitue le plus grave accident de radiothérapie recensé en France. Parmi les victimes, vingt-quatre ont été très fortement irradiées pendant le traitement d'un cancer, cinq sont décédées des suites des surdoses. Sept mises en examen ont été prononcées par la justice.