La mobilisation contre le nouveau fichier de police Edvige continue de s'étendre. Et elle devient citoyenne, aux dires des syndicats, associations et organisations de défense des droits de l'homme qui mènent la révolte. Hier, ces derniers avaient convoqué une conférence de presse à Paris pour faire le point sur la mobilisation. Ils ont notamment annoncé que la pétition en cours en était à 130 000 signatures et qu'une journée spéciale serait organisée le 16 octobre, jour de la Sainte-Edwige. Ce jour-là, les citoyens seront invités à adresser au ministère de l'Intérieur une parodie de fiche - avec orientations sexuelles, opinions politiques ou activités syndicales - pour « faciliter le travail de la police ». Les personnes seront même invitées à lécher le coin gauche pour y déposer leur ADN.
Tous les opposants réunis hier sont revenus sur les motifs des différents recours déposés contre ce fichier. « On passe d'un système artisanal à un système globalisé, où le nombre de personnes recensées va exploser, où les motifs seront étendus et où il sera impossible de rectifier le contenu en cas d'erreur », a expliqué Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l'homme, en référence aux notes des RG existantes (lire ci-dessous).
Le syndicat des avocats de France redoute des conséquences pour le citoyen lambda fiché « parce qu'il aura été victime dans une affaire pénale ou d'une dénonciation abusive ».
Devant ce tollé, Nicolas Sarkozy a demandé hier à sa ministre de l'Intérieur l'ouverture d'une « concertation (...) suivie de décisions pour protéger les libertés ». De son côté, Michèle Alliot-Marie a assuré qu'elle était prête à inscrire, « dans une loi, toutes les garanties » nécessaires aux libertés publiques.