Dans le cochon, tout est bon. Ou pas. En campagne en Virginie, demandant qui était le plus susceptible d’apporter le changement à Washington, Obama s’est lâché: «Vous pouvez mettre du rouge à lèvres à un cochon, ça reste un cochon». «Disgracieux et sexiste», s’offusque-t-on dans le camp de Sarah Palin –qui avait dit la semaine dernière que la seule différence entre une «hockey mom» et un pitbull était «le rouge à lèvres». Sauf que, comme le rappelle, The Atlantic, Obama aime bien utiliser cette métaphore assez usuelle, et il n’en a pas le monopole: John McCain l’avait employé en parlant d’Hillary Clinton. Allez, copains comme cochons?
Opération commando. Attaquée de toute part sur les écarts entre ses déclarations et la réalité de ses réalisations (la dernière banderille vient de Time Magazine, qui rappelle que «L’Alaska est l’Etat qui dépense le plus et taxe le plus par habitant»), Sarah Palin a désormais sa brigade de redresseurs de mensonge. Une «Truth Squad» de 55 personnes chargée de réagir aux «diffamations et mensonges».
Education. Bon pas que des attaques de personnes dans cette campagne, mais un peu de fond aussi. Dans l’Ohio, Obama a détaillé son plan pour l’éducation. Au programme notamment, une ristourne de 4.000$ par an sur les frais d’inscriptions à la fac en échange d’un an de service civil. Ca rendrait quasi gratuit les Community college. Mais pas Harvard, hein.
«No Maverick» Obama s’est fait piquer le thème du changement comme un bleu par McCain et Palin. Les démocrates tentent donc de contre-attaquer via un spot bombardé dans les swing states. Message, sur fond de musique de western: «John McCain n’est pas un maverick» (un esprit indépendant). Pas «quand sept de ses conseillers sont des lobbyistes de Washington». Le problème, c’est que, comme le relevait l’ancien maire de San Francisco Willie Brown, «les démocrates ne sont jamais aussi mauvais que quand ils sont sur la défensive».
Bridge to nowhere Palin toujours, dont le staff de McCain vante l’opposition à Washington sur la construction du «bridge to nowhere». Eh bien, il n’y a pas que les blogs libéraux et Obama qui l’accusent d’avoir retourné sa veste. Même le Wall Street Journal s’y met et souligne des «contradictions».
La «foi musulmane» de Barack Obama C’était ce week-end, mais impossible de ne pas revenir sur la maladresse du candidat démocrate. Invité chez George Stephanopoulos, sur ABC, Obama a eu la très mauvaise idée de prononcer 3 mots: «My. Muslim. Faith.» Il se dit qu’en entendant ça, Karl Rove a eu une petite érection. Remis dans le contexte, rien de bien méchant: Obama –qui est chrétien– parlait des attaques visant à le faire passer pour un agent infiltré d’al-Qaïda. Et, poussé par Stephanopoulos, reconnaissait: «John McCain n’a jamais parlé de ma foi musulmane.» Repris par son hôte, il corrige aussitôt, «ma foi chrétienne. Ce que je voulais dire, c’est qu’il n’a jamais sous-entendu que j’étais musulman.» Trop tard: de multiples vidéos –coupées sur le passage stratégique, évidemment—se propagent sur Internet.