Andrew Mehrtens: «Il faut que je profite de la France»

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Publié le 9 septembre 2008.

RUGBY - A 35 ans le légendaire buteur néo-zélandais a posé ses valises au Racing-Metro...

Andrew Mehrtens n’est pas du genre à penser rugby du matin au soir. Après un passage par Toulon, le voilà au Racing-Metro où sa botte magique doit aider le club à accéder au Top 14. De son côté, l’ouvreur entend bien goûter chaque seconde de son séjour parisien.

Après Toulon l’an dernier, vous entamez votre deuxième saison en Pro D2 avec le Metro-Racing. Quel est votre avis sur ce championnat qu’on présente parfois comme violent?
En Pro D2, il y a d’un côté les équipes qui veulent monter et proposent du jeu - comme le Racing, Toulon ou Mont-de-Marsan l’an dernier - et puis il y a les autres qui cherchent seulement à tuer le match. En Pro D2, si on a un gros pack on peut parfois gagner sans produire un jeu ambitieux.
Pourquoi rejoindre le Racing quand vous pouviez évoluer en Top 14 avec Toulon?
J’étais heureux de jouer à Toulon, mais il y avait un type (ndr: le président Mourrad Boudjellal) qui pense tout savoir. C’était parfois gênant pour les joueurs. Il aime trop donner son avis et se monter devant les caméras, c’est dommage parce que ça reste un bon type. Après, il faut dire que j’étais déjà en contact avec le Racing avant de signer à Toulon, mais ça n’avait pas pu se faire alors.

Vous connaissiez le Racing et son histoire?
En Nouvelle-Zélande, on connaît surtout le XV de France beaucoup moins les clubs. Parmi les équipes françaises, je connaissais bien le Racing, surtout par la bande des Lafond, Mesnel ou Blanc. Je me souviens de la finale avec les arrières qui portaient le nœud papillon. J’ai même joué un match en Italie avec un nœud papillon. Je suis passionné par l’histoire du rugby, j’aime évoluer dans un club avec un passé riche.

On sent que vous n’êtes pas seulement là pour jouer au rugby, mais aussi pour vous immergez dans la culture française…
C’était un aspect décisif dans ma venue, surtout que j’ai étudié le français pendant huit ans.C’est une bonne chose pour les Néo-Zélandais de découvrir d’autres horizons. Nous somme un petit pays à l’autre coin du monde, c’est peut-être pour cette raison que nous sommes beaucoup à partir découvrir le monde. A 20 ans, j’étais déjà parti jouer à Calvisano en Italie. Maintenant, les All-Blacks s’en vont en pleine carrière internationale pour l’Europe. L’argent y joue un rôle, il ne s’agit plus seulement de découvrir une culture. Le rugby est devenu une carrière. Malheureusement.

Vous n’êtes donc pas venu à Paris pour l’argent ?

C’était d’abord un rêve pour moi de vivre à Paris. J’ai encore beaucoup de choses à découvrir. Pour l’instant, j’attends les «meubles» pour m’installer avec ma femme. L’équilibre en le rugby et la cadre de vie est primordial pour moi. Je ne suis pas ici en vacances, mais il faut avoir des choses à découvrir en dehors du rugby. Il faut que je profite de la France, parce que la prochaine fois que je retourne en Nouvelle-Zélande, ça sera peut-être pour la vie.
Propos recueillis par Alexandre Pedro
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