Paralympiques: «tout le monde est là pour faire des résultats»

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Publié le 9 septembre 2008.

INTERVIEW - Patricia Picot, escrimeuse de 39 ans, en est à ses 5èmes et derniers Jeux Paralympiques. Elle raconte leur évolution...

Patricia Picot, escrimeuse de 39 ans, en est à ses 5èmes et derniers Jeux Paralympiques. Elle raconte leur évolution.

 

Quel souvenir gardez-vous de vos premiers Jeux, en 1992 à Barcelone?

 

C’est sans doute mon meilleur souvenir. C’était magique, je découvrais, les émotions étaient très fortes. En plus, les Espagnols étaient très chaleureux, et à cette époque, l’escrime française gagnait tout!

 

Qu’est-ce qui a changé depuis?

 

L’organisation du village est restée la même mais l’état d’esprit a changé et l’aspect festif a disparu. En 1992, on trouvait une boîte de nuit et un karaoké au village, et les athlètes faisaient vraiment la fête après les compétitions. Aujourd’hui on trouve des salles de sport, tout le monde est là pour faire des résultats. Au niveau international, il y a beaucoup plus de concurrence. En 1992-1996, la France était loin devant en escrime. Puis la Pologne et la Hongrie sont arrivées, et depuis 2005, la Chine impose son escrime. Cela demande de mettre en place des systèmes d’entraînement plus évolués et de trouver des partenaires de haut niveau, souvent chez les valides. Dans mon cas j’ai dû me bagarrer pendant 2 ans pour rester dans les 12 premières internationales.

 

Le niveau s’est amélioré, mais est-ce que les conditions d’entraînement ont suivi?

Nous avons accès à une convention d’insertion professionnelle (CIP) qui nous libère du temps dans l’entreprise pour nous entraîner. Ceci dit, nous devons toujours trouver nous-mêmes les moyens de nous entraîner, car contrairement aux valides nous n’avons pas accès aux pôles espoirs par exemple. Nous devons aussi gérer le financement de nos déplacements.

 

Est-ce que les athlètes handicapés sont aujourd’hui reconnus comme des sportifs à part entière?

Nous sommes reconnus au sein de notre entreprise et les médias, notamment les journaux régionaux, parlent plus de nous. Ce qui n’a pas évolué, c’est la couverture télévisée. En France, nous en sommes toujours à quelques minutes de rediffusion par jour, et c’est au public d’aller chercher l’information.

 

Qu’est-ce que ça fait de disputer ses derniers jeux?

Le soir de la clôture, je serai très nostalgique à l’idée de quitter ce milieu. Depuis 20 ans, ma vie est organisée sur un calendrier sportif, des déplacements et des objectifs. Je vais retourner travailler à plein temps, redevenir comme M et Mme Tout-le-monde, il faudra se réhabituer!

Propos recueillis à Pékin par Hélène Duvigneau
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