Chez Airbus, le plan Power8 Plus est en zone d'embarquement. Les modalités de cette extension du plan d'économies déjà en vigueur chez l'avionneur pourraient être dévoilées aujourd'hui aux représentants du personnel lors du comité européen, qui se tient à Toulouse. Cette nouvelle déclinaison est destinée à contrer la faiblesse persistante du dollar par rapport à l'euro. « Peu de choses ont filtré pour l'instant, mais cela pourrait passer par davantage d'externalisations dans des zones à bas coûts, y compris pour des filiales d'Airbus », explique Xavier Petrachi, délégué central CGT, qui craint « les conséquences sur les sous-traitants français et allemands ».
La rumeur de l'ouverture d'une usine low-cost en Tunisie court aussi dans les couloirs. « Nous allons écouter les arguments de la direction, puis sans doute faire appel à un cabinet d'expertise extérieur », annonce Jean-François Knepper, délégué FO, le syndicat majoritaire. S'il n'est pas choqué par la délocalisation de la fabrication de pièces simples, déjà pratiquée, il redoute le départ de celles « à haute valeur technologique, qui constituent le coeur de métier d'Airbus ». Le CE doit également officialiser la filialisation des sites de Méaulte (Somme) et de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Ces annonces arrivent à un moment stratégique. Avec 754 commandes brutes depuis le début de l'année, Airbus devance largement Boeing, dont le compteur est bloqué à 586 avions signés.