Comment votre client aborde-t-il son procès en appel ?
Il est très mal et nie toute implication. Il se revendique délinquant, mais pas assassin et violeur de petites filles.
En première instance, votre prédécesseur parlait de complot...
La dynamique du procès a mis en évidence des dysfonctionnements de la justice. Dix-huit personnes ont été acquittées, alors que certaines ont passé trois ans en prison. Il ne faut surtout pas oublier qu'elles ont été arrêtées par les mêmes enquêteurs que Bodein.
Vous êtes critique quant à l'ADN ?
Il permet de mettre en évidence une personne, mais ne permet pas de dire si elle était vraiment présente sur les lieux. Et, surtout, il peut être transporté avec une simple brosse à dents. L'ADN est donc différent d'une empreinte digitale, qui témoigne du passage de quelqu'un à un endroit donné. Or, aucune empreinte n'a été découverte dans cette affaire.
Bodein est-il au courant de cette nuance?
Il sait comment les policiers mènent leurs investigations. Comment expliquer dès lors que dans une affaire aussi grave, il ait pu oublier une preuve, telle qu'une serviette, alors qu'il prenait soin de jeter ses voitures dans le Rhin après ses braquages ? Il y a trop de choses qui ont vocation à converger vers lui.
Selon vous, les médias ont pollué son premier procès?
Les autorités leur ont livré des informations et des suspicions qui ont conforté la culpabilité de Bodein dans l'esprit des gens. Les jurés les ont forcément entendues. Comment alors leur faire imaginer qu'il n'est pas responsable?
Pensez-vous qu'il pourrait être acquitté?
C'est pour cela qu'on va au procès. Mais il faut être franc, s'il est à nouveau reconnu coupable, sa peine ne sera pas changée.