DROITS - «Je ne pense pas que Michèle Alliot-Marie puisse être liberticide», a affirmé la présidente du Medef sur RTL...
Après Hervé Morin, le ministre de la Défense, c’est au tour de Laurence Parisot de pointer du doigt le fichier Edvige. La présidente du Medef a demandé ce lundi à la ministre de l’intérieur «des explications» sur ce qui sera contenu dans le nouveau fichier policier Edvige, cible de nombreuses critiques. «Je ne pense pas que Michèle Alliot-Marie puisse être liberticide, donc je crois qu'il faut que nous en sachions plus sur ce dossier», a demandé Laurence Parisot sur RTL.
Créé par un décret du 1er juillet au Journal officiel, le fichier Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale (Edvige) permet de recenser dès 13 ans, avec de nombreux renseignements personnels, des personnes jugées «susceptibles de porter atteinte à l'ordre public» ainsi que celles exerçant ou ayant exercé un mandat politique, syndical ou économique ou jouant un «rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif».
«Troublée»
«C'est quelque chose qui me gêne beaucoup. Je suis assez troublée par ce que l'on est en train de découvrir», a réagi Laurence Parisot. «Je note que nous n'avons pas été consultés alors que nous sommes concernés en tant que militants de l'entreprise», a regretté la présidente du Medef.
De nombreuses associations et personnalités politiques ont déposé des recours contre ce fichier
devant le Conseil d'Etat, qui doit rendre fin décembre sa décision sur sa légalité.
Le «prolongement» de la politique «d'Edith Cresson»?
Quant au ministre de l'Immigration, Brice Hortefeux, il a assuré ce lundi qu'«il n'y a pas de quoi s'inquiéter» au sujet du fichier Edvige, même s'il faut «attendre les recours du Conseil d'Etat pour adopter une position définitive».
«C'est un fichier qui est dans le prolongement exact de ce qui avait été initié sous un gouvernement de gauche, sous Edith Cresson en 1991», mais qui «a nécessité une adaptation», a expliqué Brice Hortefeux sur France-Inter.
Cela concerne «deux critères concernant des individus qui peuvent porter atteinte à l'ordre public et un certain nombre d'informations pour ceux qui ont été candidats ou exercent des responsabilités électorales syndicales et autres».
Avec agence