USA 2008 - Couverture maladie universelle pour Obama contre responsabilisation des assurés du côté de McCain : explications.
De notre correspondant à New York
USA2008
Le serpent de mer de l’assurance maladie reste l’une des principales préoccupations des Américains.
Environ 45,7 millions de personnes n'ont pas de couverture de santé.
En 2000, selon
le classement de l’Organisation mondiale de la santé, les Etats-Unis arrivaient 37° en termes de performance de leur système de santé. Les prix, eux, montent en flêche : depuis 2001, les primes d’assurance pour couvrir une famille
ont augmenté de 78%. Au rythme actuel, les dépenses de santé pourraient représenter 20% du produit intérieur brut en 2020.
Comment ça marche ?
Le gouvernement fédéral gère l’assurance maladie des seniors de plus de 65 ans, et de certaines personnes handicapées via le programme
Medicare (qui en 2006 représentait 401 milliards de dollars, soit 15% du budget fédéral).
Il contribue avec chaque Etat au programme
Medicaid, qui couvre lui les personnes à faible revenus (familles et mères seules avec enfants, principalement). Les conditions d’accès et les modalités de Medicaid sont gérées au niveau de chaque Etat.
Pour le reste,
cela se joue sur le marché privé, où il existe deux options :
- une
assurance maladie de groupe. La plupart des Américains sont couverts
via leur employeur. Celui-ci négocie avec un assureur un plan pour l’ensemble de ses salariés. Ceux-ci paient une prime variable (premium), déductibles de leurs impôts. Si ce système est courant dans les grandes et moyennes entreprises, son coût s’avère souvent prohibitif pour les
petits employeurs et les travailleurs indépendants, qui préfèrent renoncer à une couverture.
- une
assurance maladie individuelle (pour soi ou sa famille), négocié par le client directement avec un assureur. Ce type de plan est généralement précédé par un
examen afin de déterminer si vous n’avez pas de problèmes de santé préalable. Dans le cas contraire, la société d’assurance peut
refuser de vous accorder un contrat ou y ajouter des clauses d’exclusion.
Généralement plus chère (son prix varie en fonction du «risque» que représente le client), cette option laisse aussi une plus grande liberté de choix dans les soins recherchés et leur qualité.
John McCain : demandez le programme
L’objectif de John McCain consiste à
réduire les coûts de santé en responsabilisant les assurés. Pour cela, il veut les orienter vers un marché privé rendu plus compétitif. Pour McCain,
la solution est d’abord fiscale : il mettrait fin à la déductibilité des primes d’assurance pour les salariés qui passent par leur employeur, et leur fournirait des crédits d’impôts pour les aider à trouver une assurance individuelle. Pour les
personnes sans assurance ou à risques, McCain envisage de mettre en place, au niveau de chaque Etat, des groupes de supervision afin de leur garantir l’accès à un marché spécifique auprès des assureurs
.
Barack Obama, demandez le programme :
L’objectif du candidat démocrate est de parvenir à une
couverture maladie universelle. Les employeurs auraient le choix entre proposer un plan à leurs salariés ou contribuer à un fond destiné à aider ceux qui n’en ont pas (les petites entreprises seraient exemptées).
Le marché de l’assurance individuelle serait supervisé par une agence garantissant l’accès de tous, même en cas de problème de santé préexistant. Des aides fédérales seraient prévues pour les plus pauvres. Pour financer la hausse des coûts, Obama veut mettre un terme aux réductions d’impôts , instaurées par Bush, pour les personnes dont les revenus dépassent 250000 dollars.
Gilles Bouvaist