Pékin accueille ses handicapés

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Publié le 7 septembre 2008.

PARALYMPIQUES - Les plus de 900.000 handicapés de la capitale chinoise semblent cependant absents du tableau, dans les rues pékinoises...

«Mais ils sont où, les handicapés?», s’interrogeait en août Gérard Muller, Français non-voyant, à son arrivée de la course Paris-Pékin à vélo. Personnes âgées en fauteuil mises à part, les plus de 900.000 handicapés de la capitale semblent en effet absents du tableau, dans les rues pékinoises. Sans doute par peur de s’aventurer au-dehors, ou faute de disposer du matériel adéquat.
Pourtant, les choses évoluent. Au milieu des hutongs, la communauté de Dongsi s’est vue dotée en 2005 d’un centre en briques rouges pour accueillir les handicapés. Pas de hasard à cela: c’est dans ce quartier que le Comité olympique chinois avait installé son siège avant de déménager en 2006. Entièrement financé par la municipalité, le centre «du sport et de la culture» ouvre ses portes tous les jours de 9h30 à 18h30. Des malvoyants et handicapés mentaux, évalués à 1.000 dans le quartier, s’y rendent régulièrement.
Ils sont habillés d’un tee-shirt orange frappé du logo de la «famille harmonieuse». Chose curieuse, on trouve aussi des valides habitant le quartier. «Nous ne voulons pas faire de distinction entre valides et non valides, justifie Cao Yongjun, vice-directeur du comité de quartier. Il n’y a pas de raison  de stigmatiser a priori les handicapés.»
Une semaine avant le coup d’envoi des Jeux paralympiques (JP), le centre a pris soin de remplacer les 5  Fuwa par la vache rose Fu Niu Lele, mascotte des JP. Si l’endroit se veut moderne et convivial, parterres de fleurs et exposition de photos à la clé, il ne prend pourtant personne en charge à temps plein. A l’image du pays, qui compte encore très peu d’établissements médicalisés de suivi.

«Dépassement, intégration, égalité»

«Les handicapés vivent traditionnellement dans leur famille, qui s’occupe d’eux, poursuit Cao Yongjun. S’ils ont besoin de soins médicaux, ils appellent une infirmière», sans préciser qui paiera les frais.
Au 1er étage de ce centre, on entre dans une petite bibliothèque. C’est là que vient chaque jour Xiao Mei, non-voyante de 67 ans, pour lire son journal sur écran grossissant. «Bien sûr, je peux écouter la radio ou la télévision chez moi, explique-t-elle, mais je trouve plus d’informations dans le journal.» Dans une autre salle, des femmes non-voyantes d’une vingtaine d’années surfent sur Internet. Certaines sont à la fac. «Ces dernières années, Pékin a beaucoup investi pour aider les handicapés, explique He Wang, chargée de l’encadrement. Nous proposons des activités visant à améliorer leur vie quotidienne et nous suivons des techniques précises déjà éprouvées à l’étranger.» C’est dans un appartement test très propret que ces techniques sont justement essayées. A la demande de leur prof, deux handicapés mentaux montrent leur savoir-faire: plier leurs vêtements, faire le lit ou mettre la table. A côté, un troisième s’emploie à démêler les fils d’un casse-tête, très concentré. Sur les murs, s’affiche la devise des paralympiques: «Dépassement, intégration, égalité». Un beau programme pour les trois compères, qui ne font pas grand cas de l’événement. Au sous-sol, dix handicapés, tous âges confondus, confectionnent porte-clés et mascottes en perles qu’ils offriront en cadeau aux athlètes. Une manière sans doute de les faire eux aussi participer.
A Pékin, Hélène Duvigneau
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