USA 2008 - Bilan de la convention par des supporters new-yorkais lors du discours de John McCain: Sarah Palin lui a volé la mise.
De notre correspondant à New York
USA2008
Pas facile de remplir une salle de militants républicains dans une villes très à gauche. Les supporters du parti de l'éléphant s'étaient donnés rendez-vous jeudi soir dans la salle du
club des jeunes républicains pour assister au discours de clôture de John McCain.
Dans l'assemblée de fidèles se trouve notamment le seul New-yorkais assez courageux pour porter un tee-shirt en l'honneur de George W. Bush ("Merci M. Président. Courage. Leadership") à Manhattan. Une grappe de supporters patientent en écoutant Obama
interviewé par le très conservateur
Bill O' Reilly sur Fox News.
"Très à droite du parti"
Si John McCain est attendu, c'est surtout sa colistière, Sarah Palin, qui semble galvaniser les troupes. "Elle a créé la surprise nationale dont nous avions besoin", s'enthousiasme Erika Roberts, 58 ans, qui travaille dans l'immobilier. "
Son discours a vraiment enfoncé le clou sur Obama. Son parcours et le fait qu'elle vienne d'un Etat comme l'Alaska sont très pertinents par rapport aux enjeux importants de l'élection, comme l'énergie. Et je préfèrerais presque que ce soit à elle de débattre face à Obama en laissant Biden à McCain."
Chris Rostenberg, écrivain de science-fiction de 40 ans se décrit comme "un ancien démocrate passé républicain après être devenu anti-avortement". Il trouve Palin "séduisante et intelligente". "McCain est très modéré, et Palin
très à droite du parti. C'est malin de sa part de l'avoir choisie. Elle est radicalement opposée à l'avortement qui, pour moi, est une question qui passe avant toutes les autres, même la guerre ou le 11 septembre".
Pour d'autres, c'est
l'expérience militaire de John McCain qui séduit. Janet Steinman, une juriste de 52 ans, trouve les démocrates "faibles" sur les questions de sécurité nationale. "Tout le monde se concentre sur l'économie, mais on oublie que nous sommes en guerre, et qu'il reste beaucoup de gens qui veulent nous détruire. Et si nous ne sommes pas en sécurité, rien d'autre n'a d'importance. Je préfère que le combat ait lieu en Irak plutôt qu'ici. "Même si l'idée de plaîre à la droite chrétienne ne l'emballe pas vraiment, elle concède que toutes les autres possibilités de McCain "lui ressemblaient trop" et que Palin peut attirer
de nouveaux électeurs".
"Drill, baby, drill!"
Puis John McCain arrive sur scène. A peine entamé, son discours est interrompu par des manifestants anti-guerre. La petite salle se met à chanter à l'unisson du public de la convention: "USA ! USA !". Le speech reprend. Là encore, à l'applaudimètre, la seule mention du nom de Sarah Palin suffit à déclencher des salves d'applaudissements. Ça
ronronne un peu.
Parmi les propositions énumérées par McCain, ce sont les forages offshore (offshore drilling) qui déclenchent le plus d'effusion: "Drill, baby, drill!", s'époumonnent les spectateurs. Puis dans une ambiance de recueillement, certains les larmes aux yeux, on écoute John McCain conclure son discours en racontant simplement ses cinq ans et demi au Vietnam.
Le parti est maintenant réuni autour de lui.
Robert Heim, candidat républicain à la chambre des représentants pour l'est de Manhattan a trouvé le "discours très bon, très inspirant". Un peu court en termes de propositions concrètes, notamment sur l'économie ? "Ce n'est pas vraiment l'endroit pour faire des propositions politiques détaillées Il a insisté sur les préoccupations des électeurs et à quel point il est important que le pays soit en sécurité. La convention a été un succès et je pense que McCain va monter dans les sondages."
Gilles Bouvaist