USA 2008 – Le discours de Sarah Palin mercredi a-t-il changé la donne…
De notre correspondant à Los Angeles
John McCain n’est pas un grand orateur. Difficultés avec le téléprompteur, ton de grand-père qui raconte une histoire à son petits fils, des «he he he» ponctuant chaque blague qui tombe à plat… Même les stratèges républicains ont abandonné l’idée de le défendre sur ce point.
Ce jeudi soir pourtant, en clôture de la convention républicaine, McCain va devoir hausser son jeu. Car plus que les délégués républicains, c’est une trentaine de millions de téléspectateurs qu’il va devoir convaincre. Et la semaine dernière, Obama a frappé fort.
>>> Discours à suivre en direct sur 20minutes.fr vers 3h du matin
Slate ironise: «S’il peut être à moitié aussi bon que Sarah Palin, il pourra s’estimer heureux». Sarah Palin. Impossible ne de pas revenir sur la performance du «pitbull avec du rouge à lèvres», hier soir.
Les républicains n’en reviennent toujours pas: «C’est un home run», dit ce stratège, quand d’autres la comparent à «Margaret Thatcher ou Ronald Reagan». Il n’y a guère que Ben Stein, pour regretter qu’elle «n’ait jamais dit un mot sur l’économie dans sa vie» et «qu’elle va avoir besoin d’une baby-sitter» sur la politique étrangère –Parlin a eu son premier passeport en 2006.
«Mensonges», dénoncent les démocrates
A peine le discours terminé, les démocrates accusaient Palin de «mentir» sur le programme fiscal d’Obama, et d’avoir prononcé un discours «écrit par les mêmes personnes que ceux de George Bush».
Jeudi matin, Joe Biden, invité de NBC, reconnaissait que Sarah Palin allait être «une adversaire féroce», et qu’elle avait fait «un sacré discours». Mais de l’attaquer aussi tôt sur son impasse sur les dossiers: économie, éducation, politique étrangère.
Du côté des indépendants enfin, dur d’estimer si le discours de la «hockey mom issue d’une petite ville» et les attaques moquant le passé de travailleur social d’Obama ont pu porter. Le Detroit Free press a réuni un panel d’électeur, et le consensus oscille entre curiosité et rejet.
Ceci dit, séduire les indépendants n’est pas forcément la mission d’une chrétienne ultraconservatrice, anti-avortement et membre de la NRA (lobby des armes). C’est plutôt le rôle de McCain. A suivre ce soir.
Philippe Berry, à Los Angeles