USA 2008 - Sarah Palin a électrisé la base républicaine, attaquant à tout va Obama...
De notre correspondant à Los Angeles
Une star républicaine est née. Quasi inconnue des Américains il y a une semaine, Sarah Palin a donc passé son grand oral, jeudi soir à St Paul. Et le monde entier a découvert pourquoi elle était surnommée Sarah Barracuda quand elle jouait au basket.
Elle a d’abord présenté sa famille, sur scène. Bristol (que vous connaissez déjà sans doute --le futur mari était à côtés), son aîné «qui va partir en Irak dans une semaine», son pêcheur de mari, son petit dernier, Trig, «aux besoins spéciaux» (il est né trisomique) et pour qui ses parents ont «un amour spécial». Bref, une «famille comme les autres», qui vient d’une petite ville, et une mère comme les autres.
«Connaissez-vous la différence entre un pitbull et une maman qui emmène ses enfants au hockey?», demande-t-elle. «C’est le rouge à lèvre». Opération authenticité réussie. Opération séduction de l’électorat de Clinton en cours.
«Maire, c’est un peu comme travailleur social. Les responsabilités en plus»
Puis elle rentre dans le vif du sujet. Toujours avec un grand sourire, elle défend son CV. «Commencer comme maire d’une petite ville, c’est un peu comme être community organizer» (travailleur social, comme Obama à Chicago)… «sauf qu’on a de vraies responsabilités». Ouch. La salle applaudit, le milieu associatif, sans doute moins. Son CV de gouverneure de l’Alaska aussi, où elle a «vendu le jet privé sur eBay, conduit sa propre voiture» et «a mis en route le plus vaste plan énergétique jamais réalisé».
D’Obama elle dira encore: «Il parle tellement bien qu’on oublierait presque qu’il a écrit deux mémoires mais pas une réforme ni une loi.» Ou: «Une fois les lumières du stade éteint, de son programme ne reste que davantage d’Etat et d’impôts.» Et de demander, avec déjà l’expérience d’une politicienne démago: «Comment vont faire les familles, les ouvriers et les artisans» en payant encore plus au gouvernement. Le programme d’Obama –qui prévoit d’augmenter les impôts pour les revenus… supérieur à 200.000 dollars annuels, c’est ici.
«Je ne vais pas à Washington pour plaire aux médias»
Elle n’a pas oublié non plus de railler la remarque d’Obama sur l’amertume «des petites gens qui se raccrochent à leur fusil et à la religion», dénonçant «un candidat à deux visages, selon si les caméras sont là» où de glisser «qu’elle était toujours fière de son pays» (pique contre Michelle Obama, son portrait est ici).
Sarah Palin s’en est également prise aux médias. «J’ai une info pour eux, je n’irai pas à Washington pour leur plaire!» Toujours sur Washington, elle a opposé «ceux qui prônent le changement pour promouvoir leur carrière, et ceux, comme John McCain, qui utilisent leur carrière pour promouvoir le changement».
Elle a finalement peu parlé de John McCain (ce «héros, qui a été testé, et dont le courage et l’indépendance en font le meilleur candidat»), et encore moins de l’économie (à part pour dire, comme Mitt Romney et Rudy Giuliani –adversaires malheureux de John McCain- juste avant elle, que les républicains «baisseraient les impôts et assureraient l’indépendance énergétique du pays»).
Une chose est sûre ce soir: (outre que John McCain est officiellement le candidat, à la suite au vote des délégués) Après un tel discours, les démocrates, qui hésitaient un peu à l’attaquer sur autre chose que le manque d’expérience, ne vont plus avoir de scrupules. Game on baby!
usa2008
Philippe Berry, à Los Angeles