Bonus ou piège ? Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur, va présenter lundi un nouveau prêt destiné aux étudiants, comme annoncé hier par le quotidien La Tribune. L'idée est d'ouvrir à tous une possibilité de financement des études jusque-là réservée principalement aux élèves des grandes écoles. Contrairement aux prêts déjà existants, celui-ci, promis par le candidat Sarkozy et disponible ce mois-ci, est accessible sans condition de ressources et ne nécessite aucune caution. D'un montant élevé de 15 000 euros maximum, il sera remboursable dans les dix ans qui suivent l'obtention du diplôme. Le hic - et il est de taille -, c'est que le taux d'intérêt sera fixé par les banques, alors même que certaines facilités existantes, comme le « prêt d'honneur », sont à taux zéro.
L'avantage, selon le ministère ? « L'Etat est garant en cas de défaillance de l'étudiant à hauteur de 70 %. » Et emprunter peut paraître plus raisonnable que travailler pour financer ses études. Assumer un job en plus des cours augmente en effet de 40 % le risque d'échec aux examens.
Pourtant, l'emprunt présente un risque réel de surendettement. C'est sans doute pour cela que seuls 3 % des 2,2 millions d'étudiants français souscrivent un prêt. « Et cela ajoute une difficulté supplémentaire au moment d'entrer dans la vie active, quand une partie des premiers salaires passe dans le remboursement de l'emprunt », estime l'Unef, principal syndicat étudiant (gauche).