Convention, deuxième jour : Sarah Palin est attendue au tournant

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Publié le 3 septembre 2008.

USA 2008 - La colistière de John McCain joue gros avec son discours de ce soir.

De notre correspondant à New York
USA2008
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Sarah Palin joue très gros ce soir. Alors qu’un torrent d’accusations déferlent aussi bien sur sa vie privée que son parcours politique en Alaska, son discours est attendu au tournant et devrait permettre d’y voir plus clair au travers du rideau de fumée: la saga familiale et les faits gênants s’étalent dans la presse, du New York Times à Us Weekly (le Voici américain, dont Sarah Palin fait la couverture cette semaine). Les accusations de légèreté dans le processus de sélection de sa vice-présidente s'accumulent contre John McCain.

Son retour sous les projecteurs permettra également d’en savoir un peu plus sur la direction que prendra la convention républicaine. Pour un événement dont l’impact est avant tout médiatique et dont l’impératif numéro un tient au soin apporté à sa chorégraphie, la journée d’hier a été confuse. Si la faute en incombe à un facteur ayant échappé au parti –le décalage d’une journée à cause de l’ouragan Gustav et des mauvais souvenirs de Katrina–, la convention a néanmoins semblé naviguer à vue. Question de tempo et de thématique.

>>> La soirée d'hier en liveblogging, c'est ici>>>

Les orateurs ont passé plus de temps à accuser la corruption rampante de Washington –thème porteur, mais pas suffisant pour convaincre– qu’à établir une ligne directrice.
Seul thème à avoir émergé clairement: l’exaltation du caractère de John McCain. Remplaçant Rudy Giuliani, l’ancien maire de New York et avocat de la guerre contre le «radicalisme islamiste» qui doit s’exprimer ce soir, Fred Thompson, l’ancien sénateur du Tennessee et autre candidat malheureux, a narré avec force détails son parcours héroïque. Mais hors des thèmes républicains très classiques –Obama va augmenter vos impôts et les médias sont contre nous, le parti de la sécurité nationale–, l'absence de thèmes à même de séduire au delà des limites du parti reste frappante

La présence toute symbolique et décalée de George W. Bush sur écran géant à des centaines de kilomètres de là n’a que souligné davantage la difficile position des républicains. Et les attaques du président –«Si le Hilton Hanoi n’est pas parvenu à briser la résolution de John McCain à faire ce qu’il y a de mieux pour son pays, vous pouvez être sûrs que la gauche en colère n’y arrivera jamais»– et ses phrases ambiguës sur le 11 septembre ont sans doute rassemblé la base mais peut-être pas touché qui que ce soit au delà.
Seul Joe Lieberman, le sénateur "démocrate indépendant" du Connecticut et ancien colistier d'Al Gore, honni au sein de son ancien parti, a lancé le traditionnel appel à franchir les barrières partisanes et à voter pour son "ami" John –"Dieu a créé un seul John McCain"– plutôt que pour "un jeune homme éloquent et doué".
Pour un parti qui veut désespérément améliorer son image, l'argumentaire de vente est un peu court. Le temps presse pour apporter une réponse claire aux propositions économiques des démocrates.
Et le poids sur les épaules de Sarah Palin n'en est que plus lourd à porter.
Gilles Bouvaist
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