INTERVIEW - Stuart Haugen, vice-président des Républicains de France, répond aux critiques contre la VP…
Sarah Palin, la vice-présidente choisie par John Mac Cain, doit prononcer ce mercredi soir
un discours très attendu à la Convention républicaine. Depuis l'annonce de sa nomination vendredi dernier, les médias n'en finissent pas de dévoiler
des affaires gênantes, qui commencent à semer le trouble dans le camp républicain.
>> Vous pourrez suivre le discours de Sarah Palin en direct sur 20minutes.fr vers 2h du matin...
Pour la défense de la gouverneure de l'Alaska, nous avons interviewé Stuart Haugen, vice-président des Républicains de France qui ne veut pas céder au découragement.
Quelle a été votre première réaction quand vous avez appris la nomination de Sarah Palin?
J'étais très content que John McCain ait le courage de choisir une femme comme Sarah Palin. La gouverneure de l'Alaska renforce l'image de réformateur de McCain: elle mène en Alaska une campagne contre la corruption et le gaspillage. Et puis c'est important d'avoir quelqu'un de jeune.
Justement, on peut lui reprocher son manque d'expérience: Sarah Palin n'est gouverneure que depuis deux ans…
Elle a autant d'expérience qu'Obama, je n'accepte pas les critiques là-dessus. De toute façon, il n'y a pas de cours préparatoire pour accéder à la présidence des Etats-Unis. Il y a une longue histoire de candidats expérimentés qui ont fait de mauvais présidents, comme Jimmy Carter. A l'inverse, une personnalité comme Ronald Reagan est devenu, contre toute attente, un grand président.
Depuis quelques jours, la presse s'acharne sur Sarah Palin et les révélations s'enchaînent. N'est-ce pas inquiétant pour les Républicains?
C'est
un tsunami qui arrive sur elle, mais je suis sûr qu'elle saura se défendre et qu'elle fera un grand discours ce soir à la Convention. Les attaques viennent surtout de la presse démocrate, comme le New York Times. Pour la gauche, Sarah Palin est terrifiante car ses valeurs chrétiennes et son engagement contre l'avortement rassure la base du parti conservateur. Le fait qu'elle soit une femme va permettre aussi de récupérer une partie de l'électorat d'Hillary Clinton qui aura envie de briser le plafond de verre qui empêche aux femmes d'accéder à la Maison-Blanche.
Vous discréditez les enquêtes des journalistes de gauche. Mais il y a au moins un fait avéré: Sarah Palin est sous le coup d'une enquête pour délit d'influence…
C'est vrai qu'il y a là un grand risque politique. L'enquête de la commission d'enquête parlementaire de l'Alaska doit aboutir le 31 octobre. Soit quatre jours avant l'élection! Cela pourrait avoir de graves conséquences pour John McCain. Même si légalement, Sarah Palin, en tant que gouverneure, avait tout à fait le droit de limoger Walt Monegan [le chef de la police d'Anchorage, à l'origine de l'affaire, ndlr].
Si on peut tenter ce parallèle, Ségolène Royal avait tiré profit des attaques qu'elle subissait lors de la campagne pour l'investiture socialiste. Sarah Palin aurait-elle un intérêt à se victimiser?
Je m'attendais un peu à cette question. Les Français ont tendance à faire ce parallèle, mais je le réfute. Ségolène Royal ne subissait pas des attaques parce qu'elle était femme mais parce qu'elle était nulle. Alors que les attaques sur la famille à l'encontre de Sarah Palin sont clairement machistes. Au sujet d'un homme, on ne poserait jamais la question «Peut-il devenir vice-président avec autant de problèmes familiaux?». Sarah Palin n'a pas intérêt à se victimiser. Si on en arrive à ce point, on aura perdu.
USA2008
Si les révélations continuent, John McCain pourrait-il décider de se séparer de Sarah Palin?
Ceux qui pensent qu'il va la congédier se trompent. Je ne peux pas y croire.
USA2008
Propos recueillis par Vincent Glad