FOOTBALL - Le nouveau patron de Manchester City est prêt à tout pour recruter la star portugaise...
Roman Abramovitch, le mécène russe de Chelsea, a cette fois-ci un sérieux rival. Dans le domaine des investissements démesurés, de la dépense des pétrodollars et la mégalomanie du ballon rond, le nouvel homme fort de Manchester City, Souleimane Al-Fahim, a décidé de le concurrencer. Avec ses faux airs de Dominique Farrugia, le bienfaiteur d’Abou Dhabi, a déjà réalisé
le plus gros transfert du dernier mercato, en arrachant Robinho au Real pour 42 millions d’euros. Lors de la prochaine trêve hivernale, il serait prêt à mettre quatre fois plus pour s’offrir Cristiano Ronaldo, la star de l’autre club mancunien.
Avec les 165 millions d’euros annoncés, le nouveau boss des Citizens effacerait tous les records en matière de transaction de joueurs. A ce prix là, il aurait pu s’offrir trois fois Zidane (transféré pour 77M€ de la Juve au Real en 2001) ou racheter une bonne partie de la Ligue1. Pour soigner son effet d’annonce, l’ambitieux émirati a même dévoilé une liste élargie de joueurs qui pourraient lui permettre de remporter la Ligue des Champions:
Fabregas, Fernando Torres, Henry ou Villa. Au total, Al Fahim évoque dix-huit noms…
«Pas forcément rationnel»
Même si ses poches sont inépuisables, un tel investissement est-il encore rationnel et rentable? «Forcément, juge
Jean-Pierre Karaquillo, directeur du centre de droit et d’économie du sport de Limoges. Il n’y a pas de philanthropes à ce niveau-là. Ces investisseurs ne perdent pas d’argent à moins qu’ils fassent du blanchiment.»
Frédéric Bolotny, économiste du sport dans le même centre, semble lui beaucoup plus réservé: «A 165 millions, l'objectif n'est pas la rentabilité. On a affaire à des propriétaires qui sont en dehors des réalités économiques. Déconnectés. Leur démarche n'est pas rationnelle d'une point de vue économique, puisqu'il est impossible de rentabiliser une telle dépense. S'ils achètent Ronaldo à ce prix, c'est plus pour le fun. Parce qu'ils peuvent se le payer quelque soit le prix».
Plus riche qu'Abramovitch
Derrière le rachat du club rival de Manchester United pour 210 millions de livres (260 millions d’euros), lundi dernier, par le groupe d’investisseurs «Abou Dhabi United», se trouve la famille royale de la ville. Il y a moins d’une semaine, Manchester City était encore le jouet d’investisseurs Thaïlandais, dont l’ancien premier ministre Thaksin Shinawatra.
Selon la presse britannique, la fortune personnelle d’Al-Fahim serait dix fois supérieure à celle de son prédécesseur. L’homme d’affaire venu du Golfe a précisé lors de son intronisation (décalée de quelques heures pour cause de ramadan) que rien ne pouvait l’empêcher de bâtir «la plus grande équipe au monde». Même du temps de sa toute splendeur, Roman Abramovitch n’est jamais allé jusque là.
Romain Scotto