Lors de la première journée de Ligue1, le sélectionneur s'assoit dans les travées du Stade de la Route de Lorient lors du fameux Rennes-OM qui se termine sur le score de 4-4. Il y voit un Fanni débordant d'énergie, auteur d'un centre décisif dans les arrêts de jeu. Domenech a trouvé sa surprise du chef. Quelques jours plus tard le sélectionneur embarque le latéral droit pour lui faire découvrir le banc du match amical Suède-France du 20 août.
Une sélection comme un texto
Rod Fanni n'est pas dupe. «J'ai appris ma première sélection par un texto envoyé par un ami, déclarait-il avant de s'envoler pour la Scandinavie. Sur le coup, j'ai d'abord cru à une connerie, mais on m'a dit de vérifier sur l'Internet. Je suis super content!»
Fanni a l'habitude. Sa première sélection ressemble à sa carrière. En 1999, à 18 ans, l'âge où certains arpentent Clairefontaine, lui se destine à devenir électricien après un BEP puis un bac STI. Mais Martigues, où il est né, lui fait alors signer in extremis son premier contrat pro en National. Une opportunité qui ne se rate pas. Passé par Lens, Châteauroux et Nice, il est repéré par le Stade rennais en 2007 et parvient à pousser vers la sortie l'international hollandais Mario Melchiot. Titulaire indiscutable du club breton depuis, il impose son physique (déjà deux cartons jaunes cette saison) et son jeu vers l'avant.
Un destin de cireur de banc?
Durant la saison 2002-2003, Rod Fanni avait découvert les Bleuets. Domenech, alors sélectionneur des espoirs, l'avait appelé afin de disputer deux rencontres amicales. Fanni est titulaire et inscrit un but lors du match face à la Yougslavie. Rappelé dans le groupe à l'occasion de deux matchs qualificatifs pour l'Euro espoir et les JO, mais n'entre pas en jeu. Sûrement le même destin qui l'attend face à l'Autriche et à la Serbie. De là à devenir le nouveau Chimbonda quand Sagnol et Clerc récupéreront les chasubles, il n'y a qu'un pas... A moins d'un nouveau concours de circonstances.