Des embrouilles autour de Jacquouille. Christian Clavier, presque aussi célèbre pour son amitié avec Nicolas Sarkozy que pour son rôle dans Les Visiteurs, s'est trouvé hier au centre d'une polémique politico-judiciaire. Détonateur de cette folle journée, la mutation-sanction du patron de la sécurité publique de Corse, annoncée dans la matinée. Le ministère de l'Intérieur reproche à Dominique Rossi l'intrusion de nationalistes et d'écologistes sur la terrasse de Christian Clavier à Porto-Vecchio (Corse-du-Sud) samedi. Ils ont protesté contre la « spoliation foncière », dans le calme et en l'absence de l'acteur. Pourquoi punir Rossi ? Parce qu'il disposait de renseignements suffisants pour empêcher cette violation de domicile, assure la Place Beauvau.
Sur le terrain politique, l'affaire est jugée scandaleuse par l'opposition. « Parce que Christian Clavier, qui est un ami de vacances du président de la République, a eu affaire à des manifestants chez lui (...), on met à la porte le coordinateur de l'ensemble de la sécurité publique en Corse », s'indigne François Bayrou (MoDem). L'Elysée n'a pas réagi.
Dans les rangs policiers, la sanction est diversement appréciée. Pour le n° 2 du syndicat des commissaires, Emmanuel Roux, « Rossi a parfaitement géré l'affaire puisqu'il n'y a eu aucun trouble à l'ordre public malgré le contexte sensible de la Corse ». Bruno Beschizza, patron de Synergie Officiers, est plus mesuré : « Dans cette affaire, il y a eu un loupé. Et puis je connais beaucoup de collègues suspendus qui aimeraient l'être avec 7 000 euros par mois. » Et pan sur le portefeuille.