SANTE - Une étude met en évidence de fortes inégalités sociales face à la mort. Le tueur le plus discriminant n'est autre que le cancer.
Le niveau social et les diplômes protègent du cancer. En effet, «de très fortes inégalités sociales de mortalité existent en France», apprend-on dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'Institut de veille sanitaire publié le 2 septembre.
Cette étude montre que les inégalités sociales ont nettement augmenté entre 1968 et 1996 pour toutes les causes de décès, mais surtout pour le cancer.
Alcool, tabac et défaut de soins
Les plus touchés par le phénomène sont les hommes. Entre 1980 et 1989, un ouvrier avait deux fois plus de chance de mourir entre 30 et 65 ans ans qu'un cadre. Les maladies les plus meurtrières sont les cancers de la bouche, de la gorge ou du poumon. En cause, le tabac et l'alcool «inégalement distribués socialement», mais aussi le suivi médical, avec de probables «différences de recours aux soins».
Injuste cancer du sein
Les inégalités sont moins marquées chez les femmes, sauf pour les cancers de l'utérus, de l'estomac et du poumon.
Reste le cas particulier du cancer du sein. Les femmes d'origine modeste en restent moins souvent atteintes, protégées par des grossesses plus précoces et plus nombreuses. Cependant, les femmes des milieux aisés, plus touchées, meurent moins de cette maladie.
Là encore, l'étude évoque l'accès aux soins et au dépistage, moins bons dans les milieux peu favorisés.
J.M. avec agence