Les traits tirés mais le sourire en bandoulière. Julien Bontemps (29 ans), médaillé d'argent aux derniers JO de Pékin en planche à voile, a reçu les félicitations du maire de Nantes Jean-Marc Ayrault hier matin. Il a été accueilli comme un véritable champion olympique. A tel point que l'édile a évoqué « la grande émotion durant la Marseillaise », en principe réservée aux médaillés d'or... Un métal que le sociétaire de l'ASPTT a manqué d'un rien et qui sera son objectif pour les jeux de 2012 à Londres.
En attendant, Julien Bontemps savoure et n'oublie pas de distribuer ses remerciements « à tous ceux qui [lui] ont permis de décrocher cette médaille ». Au premier chef, son entraîneur Françoise Le Courtois, très émue pendant la réception. « Je suis très fière de lui, de ce qu'il a fait, avoue-t-elle. Après Athènes, il a su vite tourner la page... » Et pour cause : douzième en 2004 alors qu'il était favori, le Vosgien, qui réside au Croisic, devait « se remettre debout durant les quatre ans » précédant Pékin. Il appelle cela « une victoire contre moi-même ».
Depuis son retour en France, Bontemps enchaîne les fêtes en son honneur. « Ce n'est pas ma tasse de thé mais ça fait partie du jeu, confesse-t-il. Ça serait égoïste de rester seul... » Car il a tellement de choses à raconter. Du podium - « un moment exceptionnel gravé dans ma mémoire » - à la parade dans Paris devant des milliers de gens en passant par la réception à l'Elysée par Nicolas Sarkozy, Julien Bontemps a réalisé à quel point une médaille olympique pouvait changer une vie.