Beaucoup de bruit pour pas grand-chose. L'assouplissement de la carte scolaire, renforcé en cette rentrée, ne rencontre qu'un succès limité auprès des parents, sans doute encore peu informés. Quelque 115 000 demandes de dérogation ont été remplies par des familles souhaitant inscrire leur enfant dans le collège ou le lycée de leur choix, sans souci de sectorisation. Et 88 % de ces demandes, focalisées sur l'entrée en sixième et en seconde, ont abouti. Mais, au total, seuls 3 % des élèves sont demandeurs d'une dérogation. Le ministère a beau assurer que « les parents se sont saisis de cette liberté nouvelle », dans les faits, ils sont très peu nombreux. Une membre de la Peep, fédération de parents d'élèves classée à droite, explique que « les parents sont attachés au collège du quartier » et qu'« à la campagne, les familles sont dépendantes du ramassage scolaire ».
Parmi les demandeurs de dérogation, on trouve surtout des habitants de quartiers difficiles désireux de permettre à leur enfant, souvent boursier, de rejoindre une meilleure école, quitte à allonger son temps de transport. Mais aussi des parents souhaitant que tous leurs enfants soient scolarisés dans le même établissement, par souci de simplicité et de cohésion familiale. C'est le cas d'Hervé, père de deux garçons, à Paris. « Mon aîné est au lycée La Fontaine. Je voulais que mon dernier, qui entre en sixième, y aille aussi. Son frère aurait pu l'aider à se repérer et nous connaissons déjà les professeurs. Mais notre demande a été refusée. » Le ministère compte dresser un bilan de cette mesure en octobre.