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Moscovici lâche du lest sur sa candidature à la tête du PS

Le député PS de Paris Jean-Christophe Cambadélis, le 27 octobre 2007 devant la Mutualité à Paris
Le député PS de Paris Jean-Christophe Cambadélis, le 27 octobre 2007 devant la Mutualité à Paris/Mehdi Fedouach AFP/Archives

PARTI SOCIALISTE - Il ne fait pas de cette question «un préalable» à des alliances... Montebourg, Moscovici et Cambadélis se voient en «pivot d'une future motion»...

La Rochelle, envoyé spécial

Prenez une salle pleine, étroite et surchauffée. Ajoutez-y des élus prolixes de grands discours sur l'état du parti. Si vous comptez également 300 militants revanchards envers la direction du parti, vous obtiendrez une ambiance de congrès avant l'heure, comme celle qui a animé vendredi la réunion de Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg et Jean-Christophe Cambadélis. Ce dernier met d'ailleurs les pieds dans le plat: «Le congrès se joue maintenant.»


La candidature de Moscovici n'est pas «un préalable»


Les trois signataires de la contribution Besoin de gauche ont acté la poursuite des discussions avec Martine Aubry - «mais attention à ce qu'il n'y en ait pas d'autres derrière», les fabiusiens - et le duo Gérard Collomb/Jean-Noël Guérini - «mais attention à ce que Ségolène Royal ne point pas le bout de son nez».

Pierre Moscovici a annoncé également qu'il ne faisait pas de sa candidature à la tête du PS un préalable à des alliances en vue du Congrès. «Cette candidature je la maintiens plus que jamais», mais »ce n'est pas un préalable», a déclaré le député du Doubs.

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Concernant la venue des partisans de Laurent Fabius sur une éventuelle motion sur laquelle ils se sont mis d'accord a minima: «Je ne crois pas qu'il faille mettre Laurent Fabius dans l'opposition interne, mais à lui de faire les gestes nécessaires, ne nous précipitons pas», résume Pierre Moscovici. Une manière toute fois d'accepter une éventuelle venue des fabiusiens sur une éventuelle motion conduite par Martine Aubry, ce qu'il désignait pourtant comme une «fausse route» sur son blog, cet été.

Les partisans de Martine Aubry, réunis pour le traditionnel dîner de la fédération du Nord, ont fêté cette déclaration qui ouvre la voie à une candidature de la maire de Lille, selon un des participants.

Hollande dans le viseur


Arnaud Montebourg, Pierre Moscovici et Jean-Christophe Cambadélis ont également visé François Hollande, dont l'alliance avec Delanoë est de plus en plus officielle. «Il ne veut pas qu'il soit dit qu'il y ait une alternative à lui dans le PS», s'est exclamé Jean-Christophe Cambadélis, qui soupçonne le premier secrétaire de jouer les uns contre les autres pour mieux imposer un de ses fidèles. Et du coup, c'est aussi Bertrand Delanoë, qui a été visé: «Ce n'est pas là que se trouve la rénovation», a critiqué Pierre Moscovici. Lui pense que le maire de Paris et François Hollande vont «chercher à créer un clivage sur la question des primaires» ouvertes, à laquelle les deux hommes sont hostiles.

A l'opposé, Montebourg, Moscovici et Cambadélis font des primaires une des bases de leur future motion. Martine Aubry, Gérard Collomb et Jean-Noël Guérini sont sur la même ligne. Les trois députés ont également insisté sur le «refus de la présidentialisation du parti» développé par Pierre Moscovici, et la tenue de convention thématiques, chère à Jean-Christophe Cambadélis. «Nous sommes ensemble pour très longtemps», promet Arnaud Montebourg. Au moins jusqu'au congrès?
la rochelle
Emile Josselin
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