actualités générales

«Le PS est une telenovela politique»

François Hollande à son arrivée à l'université d'été du PS le 29 août 2008 à La Rochelle
François Hollande à son arrivée à l'université d'été du PS le 29 août 2008 à La Rochelle/Pierre Andrieu AFP

LA ROCHELLE - Qu'est-ce qu'il s'est dit vendredi à La Rochelle?

Que s'est-il passé vendredi à l'université d'été de La Rochelle? Petit résumé par l'un de nos envoyés spéciaux...

L'art de s'éviter François Hollande et Bertrand Delanoë, qui ont esquissé un début de rapprochement cette semaine par interviews interposées, ont bien pris soin de ne pas trop s’afficher ensemble. Pas question de faire croire que les alliances sont déjà scellées pour le congrès de Reims en novembre. Déjà jeudi soir, ils avaient participé au pot traditionnel de la fédération de Poitou-Charentes en prenant bien soin de s’éviter et même de se serrer la main devant les caméras. Le jeu de l’évitement a continué vendredi.

L'art de se réconcilier A l’inverse, le Premier secrétaire s’est livré à un quasi vaudeville politico-culinaire avec son ex-compagne Ségolène Royal. Hollande s’est invité à la dernière minute au déjeuner des présidents de région socialistes. Sous l’œil des photographes et des caméras, il s’installe à deux sièges de Royal. Un salut par ci, un plat par là… aussitôt l’idée d’une alliance Hollande-Royal a fait son chemin. Mais pour le café, l’actuel patron du PS ira s’offrir un tête-à-tête avec Delanoë, assis lui aussi à quelques tables sur la terrasse. «Il n’y a ni combinaison ni rapprochement. Il est normal que les gens se parlent, je suis pour rassembler tous ceux qui finalement pensent la même chose», expliquera plus tard le Premier secrétaire.
En aparté, ses lieutenants décryptent une autre stratégie. «Les delanoïstes veulent faire croire que c’est eux qui nous font venir, mais François reste maître de ses cartes», confie un «hollandais». Un autre analyse lui l’option Ségolène. «Si Ségolène pense qu’elle peut gagner seule à Reims, elle se trompe, elle n’a aucune chance. A elle de voir si elle veut être dans l’axe majoritaire, ou passer d’ex-candidate en 2007 à minoritaire dans le parti en 2008», ironise-t-il.

L'art de s'allier (ou pas) Autre symbole scruté de la journée, l’attitude de Martine Aubry. Un temps invitée à rejoindre le possible axe Hollande-Delanoë, la maire de Lille semble de plus en plus tentée de mener au bout le courant hétérogène des «reconstructeurs» composé de strauss-kahniens, de fabiusiens, des grands «barons» régionaux, et du NPS de Benoît Hamon. Le courant des «carpes et des lapins», comme le raillent ses adversaires.
Interrogée à son arrivée vendredi, l’ex-dame des 35 heures a répété son «envie de collectif», mais en prenant bien soin de ne citer que les quatre courants ci-dessus. Pas un mot sur Hollande ou Delanoë, qui lui pendant ce temps assistait à l’intervention en salle plénière de Lionel Jospin, son plus gros soutien actuel au sein du PS. L’ex-Premier ministre, intervenant dans une table ronde sur la social-démocratie européenne, a surtout défendu sa stratégie de la gauche plurielle, estimant que «rompre avec cette stratégie serait une erreur». Les socialistes tentés par un nouveau jeu d’alliances vers le centre et le MoDem, comme Ségolène Royal ou les grands élus de région, en seront pour leur frais.  

Ce festival de clair-obscur et de trompe-l’œil pourrait ne faire qu’un temps. Il reste encore trois mois avant le congrès de Reims, de quoi multiplier les renversements d’alliances et les trahisons tactiques. «Le PS est devenu une telenovela politique, théorise un membre du Bureau national. Chaque jour, il faut un nouvel épisode, avec un nouveau rebondissement. Alors un jour, c’est François qui soutient Bertrand, puis le lendemain, il se rapproche de Ségolène, puis c’est Martine qui reparle à Laurent, Benoît qui reparle à Martine… Tout le monde le joue à la marseillaise: devant on embrasse, derrière on se poignarde, parce qu’en vérité tous veulent être chefs et qu’il ne peut y en avoir qu’un.» Finalement plus «Highlander» que «Santa Barbara». 
larochelle

A La Rochelle, Bastien Bonnefous
publicité

Vos réactions

Réagissez à cet article

Si vous êtes inscrit,






lire les conditions d'utilisation

Vous n'êtes pas identifié(e) : votre commentaire apparaitra après modération
publicité

En images / actualités générales

24 heures
publicité
publicité
concours Saint-Valentin
publicité