USA 2008 - Au-delà de la page historique qu’il a écrite, le candidat a changé son approche...
De notre correspondant à Los Angeles
Un discours sur «la promesse de l’Amérique» de près d’une heure, davantage de concret et des attaques frontales contre McCain... Obama a répondu présent. (texte intégral en anglais ici)
Moment historique
«Oui j’accepte la nomination.» Ce 28 août, quarante-cinq ans après le discours «I have a dream» de Martin Luther King, 20 ans après l’échec de Jesse Jackson, Barack Obama est donc devenu le premier candidat afro-américain à une présidentielle américaine. Même John McCain et tous les républicains ont un temps rangé les gants pour saluer «un beau jour pour l’Amérique».
Un stade et tous les démocrates derrière lui
Obama voulait un endroit à la (dé)mesure de l’ampleur du mouvement populaire qu’il a généré. Il a réussi son pari, avec plus de 80.000 personnes rassemblées à l’Invesco Field, au Mile High Stadium. Une fois la nuit tombée, l’impression visuelle était assez extrordinaire. Sur CNN juste après le débat, un stratège républicain raillait, «entre homme d’état et rock star, il faut choisir».
Au-delà du mouvement populaire, Obama repart de Denver avec le soulagement d’avoir toute la famille démocrate unie derrière lui, Bill et Hillary y compris. Et c’était loin d’être gagné.
Le changement, c’est quoi
Son «acceptance speech» ne restera sans doute pas comme son plus éloquent. C’était voulu.
A ceux qui l’attaquent sur le certain flou entourant le concept de changement, Obama a répondu: «laissez-moi l’épeler». Le changement, c’est donc «de diminuer les impôts pour les petites entreprises et ne plus récompenser les multinationales qui délocalisent». C’est «réduire les impôts pour 95% des familles ouvrières», «10 ans pour ne plus être dépendant du pétrole étranger» et «150 milliards de dollars investis dans les énergies renouvelables» et «une couverture maladie abordable pour tous et une égalité salariale entre hommes et femmes».
Ce plan «ambitieux coûte de l’argent», mais Obama a a chiffré chaque cents et fera en sorte «que chaque groupe corporate exploitant les lacunes du système ne passe plus au travers» et il promet qu’il ira «dans chaque ligne du budget gouvernement» pour limiter les dépenses inutiles. Et d’affirmer, «on ne peut pas répondre aux challenges du 21e siècle avec une bureaucratie du 20e».
De la question du commander-in-chief
C’est son point faible dans l’opinion –que les républicains exploitent avec talent. Obama: «En tant que commandant en chef, je n'hésiterai jamais à défendre ce pays, mais j'enverrai nos soldats risquer leur vie seulement pour une mission claire et avec l'engagement sacré qu'ils auront tout l'équipement nécessaire pour combattre.» Il a longuement (et tous les autres démocrates au cours de ces quatre jours) opposé le jugement et la clairvoyance à l’obstination et l’aveuglement.
Ce soir a également vu un Obama très offensif sur la question du patriotisme, «qui n’appartient pas à un pays». Il a cité Roosevelt et Kennedy et s’est lancé dans une tirade sur «ces soldats saignent et meurent ensemble, et qui ne sont ni démocrates, ni républicains, ni rouges ou bleus, mais américains».
Attaques contre McCain
Certains questionnaient son caractère et sa capacité à être incisif. Ce soir, Obama a répondu en appuyant là où ça fait mal: «Je ne pense pas que le sénateur McCain se moque de ce qui se passe dans la vie des Américains. Je pense simplement qu'il ne le sait pas. Autrement, pourquoi définirait-il la classe moyenne comme ceux qui gagneraient moins de 5 millions de dollars par an». Et de s’en prendre à l’ancien conseiller économique de McCain, qui avait affirmé «que l’économie américaine étaient avant tout en récession mentale, et que les Etats-Unis devenaient un peuple de pleurnichard».
Il a joué la traditionnelle carte "Bush/McCain", c'est la même chose ("quand on vote 90% avec le président, je sais pas vous, mais moi je ne suis pas prêt à ne parier que 10% sur le changement").
Obama s’est même laissé aller à une attaque casse-gueule sur le terrain militaire: «John McCain affirme qu’il pourchassera Ben Laden jusqu’aux portes de l’enfer mais il ne va pas le chercher dans les grottes de l’Afghanistan».
Au-delà du parti
Obama a tenté de se présenter comme un politique nouveau, au-dessus des clivages partisans. «Le changement ne vient pas de Washington, mais le changement va à Washington». Il a utilisé cette dynamique de rassembleur sur l’épineux problème des valeurs. Selon lui, «on peut être en désaccord sur l’avortement mais trouver un compromis sur la nécessité de prévenir les grossesses chez les adolescentes ; ou en désaccord sur les armes à feux mais se retrouver pour s’assurer qu’un AK-47 ne soit pas entre les mains d’un criminel ; ou sur le mariage gay mais ensemble lutter contre les discriminations».
Obama a donc clôturé quatre jours d’une convention d’où les démocrates ressortent indéniablement renforcés. Mais lundi, c’est au tour des républicains, qui vont avoir un avantage tactique indéniable: celui de riposter. Ca commence dans la journée avec le choix de McCain pour son vice-président.
Avez-vous regardé le discours d’Obama ? Qu’en avez-vous pensé?
Sur Monster.fr, et accédez en exclusivité aux toutes dernières offres, à des conseils personnalisés et des opportunités de développer votre réseau professionnel !