USA2008 - La journée s'est achevée par la visite surprise de...
De notre correspondant à Los Angeles
Si les démocrates gagnent le 4 novembre, l’histoire retiendra sans doute qu’ils se sont unis et mis en ordre de bataille un certain mercredi 27 août 2008. Nomination d’Obama, discours de Bill Clinton et Joe Biden, tirs nourris sur McCain, et visite surprise de Barack… La journée fut intense au Pepsi Center.
Obama, candidat démocrate
16h48. «Aye !» Par un simple cri, les milliers de démocrates du Pepsi Center écrivent un chapitre de l’histoire américaine: Obama devient le premier candidat afro-américain candidat à la présidentielle. Tout commence par un vote classique, où chaque état annonce le nombre de voix pour Barack Obama et Hillary Clinton. Jusqu’à ce que cette dernière, parlant pour New York, demande l’interruption du processus pour une désignation par acclamation, «dans un esprit d’unité». Quelque chose se passe dans cette salle.
Bill Clinton derrière Obama
«Hillary vous a dit hier qu’elle ferait tout pour qu’Obama soit le prochain président. Et bien, avec moi, ça fait est deux». On le disait aigri et amer, Bill Clinton a livré un discours de soutien total à Obama (avec quelques blagues bien senties comme "une campagne tellement bouillante qu'elle a participé au réchauffement climatique). Mais surtout, il a tenté de défaire l’argumentaire républicain en prouvant qu’Obama avait ce «qu’il faut pour être le commander-in-chief: le jugement et l’intelligence». Selon l’ancien président, ce sont les qualités dont les Etats-Unis ont besoin «pour restaurer leur leadership dans le monde et pour sauver le rêve américain». Clinton a tenté d’établir un lien entre «une Amérique forte à l’intérieur» (attaquant McCain et les républicains sur l’économie et la couverture maladie) et «une voix qui porte».
Il a conclu, insistant sur l’importance de la diplomatie: «Le monde a toujours été davantage impressionné par la puissance de notre exemple que par l’exemple de notre puissance.»
Le thème de cette journée était «sécurité nationale et politique étrangère». Le pupitre a vu se succéder de nombreux militaires et vétérans, venus pauser pour les photographes et défendre le patriotisme d’Obama. Mais les démocrates ont surtout laissé le soin à John Kerry et Joe Biden de poignarder leur «ami» de plus de 20 ans, John McCain.
John Kerry: «A ceux qui croit au mythe de John McCain le maverick, comparez le candidat et le sénateur. Le candidat est contre la loi de réforme de l’immigration qu’a écrite… le sénateur McCain. Avant de vouloir faire des débats avec Barack Obama, il devrait faire le débat avec lui-même». Plutôt nouveau comme angle d’attaque.
Joe Biden, après avoir accepté sa nomination comme running mate d’Obama, et consacré une longue partie de son discours à l’Amérique qui souffre, s’en est pris au jugement de John McCain. «Il y a 3 ans, il disait, ‘L’Afghanistan, c’est fini on a gagné’. Aujourd’hui, les Talibans et Al-Qaïda, ceux-là même qui nous ont attaqué le 11-septembre, sont de retour. La lutte contre le terrorisme se passe là-bas plus qu’en Irak».
Visite surprise d’Obama
Comme Al Gore en 2000, Barack a fait une visite surprise pour une photo aux côtés de Joe Biden. «Elle se passe pas mal cette convention, non ?», a-t-il plaisanté. Décontract, il a poursuivi: «Michelle s’est pas trop mal débrouillé. Et Hillary, elle a cassé la baraque ou bien? Sans parler de Bill Clinton !» Et de donner rendez-vous à tout ce petit monde demain soir, pour son discours sur la pelouse des Denver Broncos, où 75.000 personnes sont attendues –ainsi que Bon Jovi et Bruce Springsteen. usa2008
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