Jean Leonetti
Député UMP, responsable de la mission d'évaluation du droit au laisser-mourir.
Le 10 août dernier, un jeune malade a mis fin à ses jours après le refus de Nicolas Sarkozy de lui accorder le droit de mourir. Que vous inspire ce cas ?
Dans ce genre d'histoire, on retrouve le même processus émotionnel et médiatique et on dépasse la demande personnelle pour entrer dans un cadre militant. Ces cas entraînent un phénomène de compassion, pas forcément d'adhésion. Il ne faut pas confondre les débats. Nous sommes face à une demande de suicide assisté où la société devrait assumer un choix personnel.
Qu'est-ce quipose problème ?
Si on décidait d'un droit à la mort, nous aurions beaucoup de difficultés à en limiter le champ d'action. Ces critères sont si difficiles à définir qu'ils finissent toujours par s'élargir au fur et à mesure que se présentent de nouveaux cas. De même, l'exception d'euthanasie est une belle idée impraticable.
Pourquoi ?
S'il s'agit d'instaurer une excuse de responsabilité en vue d'un non-lieu pour quelqu'un qui a pratiqué une euthanasie, cela existe déjà dans les faits, les juges sont sensibilisés et certaines poursuites abandonnées. S'il s'agit de créer un comité qui déciderait si l'on peut donner la mort ou pas, c'est donner beaucoup de pouvoir à des experts. Définir un tel cadre légal paraît impossible.
Quelles solutions allez-vous proposer dans le rapport que vous allez remettre cet automne ?
La sédation terminale consistant à plonger le malade dans un état de coma physique et psychologique est une piste intéressante qui procure l'apaisement du malade et de son entourage. Elle se pratique déjà, mais n'est pas assez précisée dans la loi.