21h30 – C’était le discours le plus important de sa carrière. Celui où elle devait présenter son mari et sa famille, non pas à l’assemblée mais à l’Amérique. Etablir un lien de confiance avec les électeurs, dans une élection présidentielle où l’affectif joue sans doute autant que les programmes.
Michelle a insisté sur ses origines, «fille d’un ouvrier et d’une mère au foyer» qui ont «tout donné pour leurs enfants», lui permettant «d’aller à Princeton et de vivre le rêve américain» --elle désamorce ici les attaques des républicains. Elle présente Barack sous le même angle, «élevé par ses grands parents et une mère célibataire», mais qui a toujours su «qu’en travaillant dur, on accomplit des grandes choses». S’en suit un long passage sur l’engagement de son mari «qui n’est pas allé à Wall Street mais est revenu à Chicago aidée la communauté dans des banlieues sinistrées». Et de se rappeler la première fois qu’elle l’a vu faire un discours, sur la distance «entre le monde tel qu’il est, et le monde tel qu’il devrait être» et sur son désir de se battre pour la réduire.
Habile, aussi, sa référence aux anniversaires cette semaine du droit de vote pour les femmes et du discours «I have a dream» de Martin Luther King. Encore plus stratégique, son merci à Hillary Clinton «qui a rassemblé 18 millions d’électeurs et s’est toujours battu pour briser le plafond de verre». Si ça ne ressemble pas à une main tendue ça…
Elle n’oublie pas un peu de fond, en parlant des priorités d’Obama : «mettre fin avec responsabilité à la guerre en Irak, faire en sorte que chaque Américain ait une couverture maladie, et unifier le pays au de-delà de ses divisions». «C’est cet homme dont je suis tombée amoureuse il y a 19 ans, cet homme qui sera le prochain président des Etats-Unis».
Tout ça se termine par l’inévitable moment cheesy, avec ses deux filles sur scène, et un Barack live depuis l’Iowa qui demande à la plus jeune «comment maman s’est débrouillée». Elle de répondre, du haut de ses 7 ans: «Je crois que c’était bien».
Craig Robinson (coach de basket) présente ensuite sa sœur sur scène. «J’ai un peu de mal, à me dire que c’est la même personne qui me réveillait le matin de Noël à l’aube, ou celle avec qui j’avais le droit ne regarder la télé qu’une heure par jour». Il insiste sur leurs origines modestes, avec une chambre partagée. Il glisse un mot sur Barack aussi, et accueille sa sœur sur scène, pour un câlin.
19h15 – Caroline Kennedy (fille de JFK) monte sur scène pour rendre hommage à deux hommes: Barack Obama et Edouard Kennedy. La légende de Ted (le petit frère de John et de Bobby) défile sur l’écran géant. Sénateur depuis 46 ans, c’est une figure de la politique US, un lion respecté par tous, républicains y compris. Son attaque, l’été dernier, puis l’intervention chirurgicale qu’il a subie pour une tumeur au cerveau, ont marqué l’un des rares moments d’unité nationale lors de la campagne. Il se murmure que malgré sa maladie, il va monter sur scène pour une brève intervention.
Elle commence par féliciter Hillary Clinton. «Notre parti et notre pays ont été renforcés par sa candidature». Opération réconciliation en cours? (en coulisses il se dit qu’Hillary a très peu apprécié le peu de soutien des cadres du parti lors de sa défaite, et que cela explique son peu d’enthousiasme lors qu’elle appelle à soutenir Obama).
La speaker poursuit en se félicitant de l’action engagée par les démocrates au Congrès depuis 2 ans, de leurs efforts «pour reconstruire la côte dévastée par Katrina», des mesures «pour que des familles gardent leur maison», et d’avoir «augmenté le salaire minimum pour la première fois depuis 10 ans».
Petite tirade sur les soldats américains et les sacrifices qu’ils font pour leur pays, grâce à qui les USA sont toujours «the land of the free, the home of the brave».
«Pour poursuivre, nous avons besoin de Barack à la Maison Blanche, pour mettre fin à 8 ans de politique des républicains. C’est tellement important que Ted Kennedy est venu jusqu’ici pour mettre son bulletin». S’en suit un petit refrain qu’elle fait reprendre par la foule 5 ou 6 fois, «Barack Obama is right and John McCain is wrong» (Barack Obama a raison et Mccain a tort).
16h - Dans une salle qui n'est qu'aux deux tiers pleine, et après un peu de cuisine sur les règles internes, Howard Dean invite au micro Nancy Pelosi, la speaker de la Chambre des représentants.
15h30 – La star du jour sera donc Michelle Obama, qui doit parler dans la soirée. Avec son frère et ses filles à ses côtés, ainsi que sa belle-sœur, il s’agira très clairement d’insister sur les valeurs familiales. Les électeurs votent pour un programme, mais avant tout pour un candidat (>>> lire notre interview d'un stratège démocrate). Michelle Obama devra aussi montrer un visage apaisé, elle que les talkshows républicains présentent souvent comme «une femme en colère».
15h05 – Dieu avant le drapeau. Ca commence par «l’invocation», et montre une fois de place l’importance de la religion aux Etats-Unis et dans la politique. «Que Dieu nous donne la sagesse et la foi dans cette campagne», récite la speaker, avant de terminer par un «amen» et un signe de croix. Ensuite seulement, le drapeau américain est amené sur scène, pour la pledge of Alliance.
14h40 – Vous êtes plutôt CNN ou C-SPAN? Les deux chaînes offrent le meilleur coverage, mais dans deux esprits bien différents. CNN, c’est la politique starisée, avec leur team de choc menée par Wolf ‘you’re in the situation room’ Blitzer (s’appeler «Loup», how cool is that ?) et le beau gosse Anderson Cooper (pour celles qui vont demander, il ressemble à ça, mais désolé il est gay a priori) . CNN, c’est des gros moyens à coup d’infographies qui flashent et d’écran tactile dernier cri. De l’autre côté, C-SPAN, c’est l’équivalent de notre chaîne parlementaire / Public sénat. Vous voyez le genre. Mais c’est aussi un site spécial convention super bien foutu, et un traitement de la politique sans doute moins biaisé.
14h30 - Repas terminé (et la viande US bourrée d'hormones, ça dore vraiment mal)
14h – Elle ne parle que demain, mais déjà, tous les yeux sont braqués sur Hillary Clinton. Sa capacité à convaincre ses électeurs de rejoindre Obama est une des clés du succès pour le candidat –pour l’instant environ 25% disent préférer McCain pour à peu près autant d’indécis. En conférence de presse ce matin, elle s’est dit à 100% impliquée. Elle aurait mis en place une brigade commando chargée de s’assurer que ses supporteurs ne manifestent pas contre Obama pendant ces quatre jours. Alors que McCain vient de lancer un spot montrant une supportrice de Clinton le rejoindre, cette dernière a réagi : «I am Hillary Clinton and I do not approve this message». (Je suis Hillary Clinton, et je n'approuve pas ce message), traditionnel gimmick de toute vidéo officielle des candidats.
13h à Denver, 21h à Paris – H-2. C’est Howard Dean, Président du comité national démocrate qui va donner le coup d’envoie des festivités (enfin un peu moins festif que prévu vu la tournure des sondages). Mais la star de la journée sera Michelle Obama, qui doit parler dans la soirée. >>> Lire son portrait >>> Une question, va-t-elle dire qu’elle est fière de son pays.
Parmi les rumeurs, Barack, on the road dans l’Iowa pourrait intervenir en direct et Ted Kennedy, victime d'une attaque en mai et diagnostiqué avec une tumeur au cerveau, à qui les démocrates doivent rendre hommage, pourrait même monter sur scène et s’exprimer. usa2008