Bertrand Gille: «Cette médaille, on ne va pas l'arroser, on va la noyer»

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Publié le 24 août 2008.

JO2008 - Premières réactions après la médaille d’or des handballeurs français...

Envoyé spécial à Pékin

Bertrand Gille est fatigué, il a «mal partout» et «très envie de s’asseoir», mais voilà, à peine descendu du podium, la médaille d’or autour du cou, il faut répondre aux questions des journalistes…

 

Bertrand, comment vous sentez-vous avec cette médaille autour du cou?

Je suis soulagé! C’est fini. Enfin, je vais pouvoir m’endormir sans avoir cette boule de stress au ventre, sans cette adrénaline qui nous habitait constamment les derniers jours. Ça va faire du bien aux jambes. La tête, elle, ne va pas trop redescendre.

 
Vous avez pu savourer?

On n’a pas encore eu le temps de réaliser. Ça va se faire peu à peu. Mais on n’a pas vraiment le temps. Dans deux jours, on se quitte, on retourne dans nos clubs. Samedi prochain, je joue contre Titi Omeyer et Nikola Karabatic, je suis super content!

 
Qu’est-ce qui a fait la différence dans cette finale?

On les a dominés dans tous les domaines. Derrière, avec un Thierry Omeyer impérial, et en attaque, on a réussi à exploser leur bloc central. On l’a maitrisé, ce match. On s’est fait un coussin pour pouvoir gérer.

 

Vous avez eu le temps de penser au podium, pendant la deuxième mi-temps?

On ne veut pas, mais c’est forcément dans un coin de la tronche. Quand on mène de neufs buts en finale olympique… Même ceux qui n’y connaissent rien en hand savent que c’est payé. Mais je confirme que c’était bien le match le plus long du monde. En plus, quand on mène comme ça, on a tendance à tout le temps regarder l’horloge, et là, les secondes s’égrenaient avec une lenteur consternante.

 
Qu’est-ce que vous avez ressenti sur le podium?

Etre aux Jeux, et entendre jouer la Marseillaise pour soi… C’est un grand moment d’égoïsme. On le prend et on le savoure. Nous, pendant toute la quinzaine, on était devant la télé, on voyait les autres mettre leurs habits de lumière, monter sur le podium, et revenir le lendemain matin à moitié saoul. Tous les jours, on se demandait si on aurait la chance de fêter quelque chose. Alors on ne va pas l’arroser cette médaille, on va la noyer!

Propos recueillis par Pierre Koetschet
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