Obama-Biden, chacun son rôle

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Publié le 24 août 2008.

USA2008 - La première apparition côte-à-côte du ticket démocrate dessine la stratégie de…

Un ticket présidentiel, c’est un peu comme un couple: chacun son rôle. Mais en présentant Joe Biden à ses supporteurs, samedi à Springfield (Illinois), Obama a gaffé, l’introduisant comme «le prochain… président». Il a rectifie aussitôt («le prochain vice-président des Etats-Unis»), sans pause ni hésitation, mais nul doute que les républicains sauront en faire bon usage.

Cet accroc d’introduction mis à part, les 30 minutes de ce premier meeting commun étaient bien réglées et ont livré plusieurs enseignements sur la stratégie du ticket.

 

A Obama le changement, Biden l’expérience

D’abord, Obama est revenu d’Hawaï reboosté, manches retroussées, souriant, incisif. «Ces 19 mois de campagne ont plus que jamais renforcé mes convictions, le temps du changement est venu», tonne-t-il. Et de présenter Biden comme un homme «au un passé remarquable», «un expert en politique étrangère qui a regardé Milosevic dans les yeux et lui a dit qu’il était un criminel de guerre, avant de consacrer toute son énergie à le trainer devant la justice».

 

Séduire la classe moyenne

La base d’Hillary Clinton (ouvriers, classe moyenne) ne rejoint que très lentement la candidature d’Obama. En insistant sur les qualités «d’un homme catholique au cœur et aux valeurs enracinés dans la working class», le candidat commence clairement son opération séduction en vu des scrutins clés en Ohio ou Pennsylvanie. Le sénateur du Delaware reprend au vol et dénonce «les salaires qui fondent quand les prix flambent».

 

Attaquer McCain

Depuis plusieurs semaines, Obama a un dilemme: alors qu’il a mené avec succès une campagne plutôt positive pendant les primaires, doit-il riposter aux attaques républicaines. La réponse semble trouvée: Obama conduit et Biden shoote. S’il a assuré que «son ami John veut bien faire pour son pays», Biden martèle, «ce n’est pas possible quand on affirme que la situation économique a progressé sous Bush et qu’on vote 95% du temps avec lui». Petit tacle amical au passage, sur un McCain qui doit «décider dans laquelle de ses sept cuisines manger».

 

Défaire la stratégie républicaine

Dès hier soir, l’équipe de McCain a lâché une vidéo où l’on voit Biden (alors candidat) critiquer le manque d’expérience d’Obama. Samedi il a assuré qu’un fil de la campagne, il avait découvert «ses qualités de cœur et de jugement».

Enfin, plus insider du Capitole que Biden (sénateur depuis 1973) tu meurs. Mais selon Obama, son colistier «a changé Washington, sans que Washington ne le change». L’intéressé se voit comme le mieux placé pour savoir à quel point «le système est cassé». A McCain de choisir son running mate désormais, que la dernière ligne droite puisse commencer.

 

Prochain rendez-vous lundi, avec l’ouverture de la convention démocrate, à Denver. USA2008

Philippe Berry, à Los Angeles
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