Son immense qualification sur les questions internationales. Avec son poste de président du Comité des affaires étrangères du Sénat, il amène beaucoup de substance, de sérieux dans les propos. C’est un homme extrêmement intelligent. Il va diablement compliquer la vie de McCain pour attaquer Obama sur son manque d’expérience.
65 ans, sénateur depuis plus de 30 ans… Ce côté insider de Washington n’est-il pas contradictoire avec le message de changement d’Obama?
Non. Le candidat à la présidence, ça reste Obama. Au contraire, Biden contre-balance un peu le jeune âge d’Obama, qui, s’il est élu, serait le 3e président le plus jeune des Etats-Unis. Et si vous regardez en 2000, George Bush en se positionnant comme un candidat différent. Et comme vice-président, il avait choisi Dick Cheney…
Présentez-nous un peu mieux Joe Biden. A-t-il des défauts gênants?
Il parle sans doute un peu trop et Obama devra garder un œil sur lui. Mais sinon, il a été testé à la fois dans sa carrière politique, mais aussi dans sa vie personnelle. Il était trop jeune, à 29 ans, pour devenir sénateur, et a dû attendre un an. Pendant l’intervalle, il a perdu sa femme et sa fille dans un accident. Il a failli tout abandonner. Mais il a tenu bon. C’est un homme de caractère.
La grande absente est donc Hillary Clinton, quel rôle va-t-elle jouer?
Un rôle capital. Si les sondages sont serrés, c’est qu’il y a toujours une partie de ses supporteurs qui n’ont pas rejoint Obama, déçus de sa défaite. Pour gagner en novembre, leur soutien est indispensable. Le discours qu’elle va prononcer lors de la convention [à suivre lundi sur 20minutes.fr] est crucial. Tout sera analysé: ses propos, la manière de les dire, le langage de son corps. C’est peut-être le discours le plus important de sa carrière.