L'hommage aux «dix fils de la France»

22 contributions
Publié le 21 août 2008.

REPORTAGE - Le ciel, gris et bas, était de circonstances. Hommage a été rendu jeudi matin aux dix soldats français tués par les talibans en Afghanistan le 18 août...

Le ciel, gris et bas, était de circonstances. Hommage a été rendu jeudi matin aux dix soldats français tués par les talibans en Afghanistan le 18 août, lors d’une cérémonie nationale aux Invalides, à Paris, en présence du président de la République, de l’ensemble du gouvernement, des grands corps de l’armée, et des familles des dix soldats morts.

>>> Retrouvez le live de la cérémonie en cliquant ici...

Les dépouilles recouvertes du drapeau tricolore sont disposées en V dans la cour d’honneur, sous les yeux des trois régiments auxquels appartenaient les victimes: le 8e RPIMa de Castres, le plus lourdement touché avec huit hommes tués, le 2e Régiment étranger de parachutistes de Calvi, et le Régiment de marche du Tchad, qui ont chacun subi une perte humaine.

Regroupées d’un côté de la cour, les familles et les proches des militaires, venues avec plusieurs enfants en bas âge, ont du mal à cacher leur émotion. A leur côté, le chef de section du groupe pris dans l’embuscade lundi en Afghanistan, a tenu à participer au dernier hommage rendu à ses hommes. Blessé à l’épaule, il assiste à la cérémonie, assis dans un fauteuil roulant, et malgré l’avis des médecins.

Après une messe solennelle, Nicolas Sarkozy prononce l’éloge funèbre des dix victimes. Le chef de l’Etat et des armées salue «dix des fils de la France» qui ont «vécu le sacrifice ultime». En ce «jour de deuil pour la Nation», le président souligne la «mission difficile, dangereuse, exigeante» de l’armée française en Afghanistan. Il demande que «tous les enseignements soient tirés» de l’attaque de lundi, mais réaffirme le maintien sur place du contingent français «contre la barbarie, l’obscurantisme et le terrorisme». «Nous n’avons pas le droit de perdre là-bas», déclare-t-il.

Lentement, Nicolas Sarkozy prononce les noms des dix soldats «dont certains n’avaient pas 20 ans», avant de les décorer à titre posthume de la Légion d’honneur. Sébastien, Damien, Nicolas, Kevin, Anthony… les prénoms seuls de ces hommes dénotent leur jeunesse. Au premier rang, l’épouse du sergent Damien Buil, enceinte de cinq mois, peine à tenir sur ses jambes et éclate en sanglots.

Après la cérémonie, Nicolas Sarkozy devait s’entretenir avec les familles dont certaines, ces derniers jours, n’ont pas caché leur colère que l’armée ait envoyé en Afghanistan de jeunes engagés qui avaient pour certains moins d’un an d’expérience. Dans la foule d’anonymes, une femme, elle aussi, exprime son malaise: «quel gâchis de voir des jeunes mourir pour quelque chose qu’on ne comprend pas vraiment», lâche-t-elle. Son voisin, un militaire à la retraite, la reprend d’une voix calme. «C’est un aspect qu’on oublie trop souvent, mais l’engagement dans l’armée comporte le risque de mourir au combat, c’est triste qu’il faille des drames comme celui-ci pour y penser», dit-il.

Bastien Bonnefous
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr