Le hurdler se présente face à la presse. Première question : « Vous êtes au bord des larmes Ladji ?» Son regard est figé, il ne dément pas. «J’ai perdu. Je ne suis pas venu pour faire quatrième», souffle-t-il, à peine audible.
C’est un filet de voix qui sort de sa bouche
Le champion du monde 2005, d’ordinaire si affable, est entièrement sous l’emprise de la déception. C’est un filet de voix qui continue de sortir de sa bouche. Il ne parvient pas à analyser sa course, ses éventuelles erreurs: «Je ne sais pas ce que j’ai à me reprocher. Je crois que je pars bien, même si à la première et deuxième haies, ce n‘est pas vraiment ça. Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas pu revenir. »
Blessé cet hiver, Doucouré paie peut-être sa période sans entraînement. Les centièmes qui lui ont manqué sont peut-être là. A Pékin, c’est la première fois depuis quatre ans qu’il doit enchaîner quatre courses.
Et s’il avait sous-estimé Dayron Robles?
Mais cette piste n’est pas convaincante selon le Français : «Non, du jus, j’en avais ? Ce n’est pas ce qui a manqué.»
Et si Doucouré avait sous-estimé le Cubain Dayron Robles, en voulant absolument s’accrocher à ses basques pour le déstabiliser mentalement, quitte à être en surrégime en début de course?
A la réflexion, c’est peut-être la seule explication à cette course pas menée comme elle aurait dû l’être. « Peut-être que je n’aurais pas dû vouloir être dans la bagarre, et juste assuré la deuxième place.» Les larmes de Ladji n’ont pas fini de couler.
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