REVUE DE PRESSE - Pas de polémique dans les journaux français mais de nombreuses questions...
Rappeler que «la guerre tue». Au lendemain de
la mort de dix soldats français en Afghanistan, les éditorialistes de la presse française s'accordent à dire que le temps n'est pas à la polémique, tout en étant nombreux à se poser des questions.
«Ces morts qui nous touchent de si près viennent rappeler à tous, dans la France d'aujourd'hui, que notre pays est en guerre en Afghanistan et que la guerre tue», observe comme nombre de ses confrères Maurice Ulrich dans «
L'Humanité».
«Guerre légitime»
Un fait qui ne signifie cependant pas tout accepter de ce conflit. A l'instar de nombreux éditorialistes, Laurent Joffrin estime dans «Libération» que cette guerre, cette «
tragique nécessité», est «légitime, à la différence de la guerre irakienne, destinée à répondre par la destruction de ses bases arrières à une attaque meurtrière au coeur du territoire américain». Dans «
La Croix», Dominique Quinio pense également que cette guerre est légitime et qu'il «faut poursuivre le travail de reconstruction, de formation de cadres (administration, armée, police) susceptibles de prendre le relais».
Pourtant, la légitimité du conflit ne permet pas d’ôter les doutes sur son issue. Luc de Barochez du «
Figaro» fait partie de ceux qui s'interrogent: «Si les objectifs sont justes, la tactique mise en oeuvre pour les atteindre est-elle la bonne?» se demande-t-il. Et Laurent Joffrin de renchérir: «Comment gagner une guerre militairement ingagnable?»
La tentation du retrait
Les questions sont nombreuses, et Roger Antech de «Nice-Matin» les pose clairement: «Une guerre aux côtés des Américains, mais pour quelle cause, et pour quels résultats surtout? La lutte contre le terrorisme? La traque des Talibans? L'instauration d'une démocratie?».
Renoncer? Personne n’est pour. «Renoncer à notre engagement reviendrait à se rallier à l'esprit de Munich sans soulager le monde d'une redoutable menace. Ce serait compris là-bas comme un feu vert donné à la terreur», écrit Hervé Chabaud dans «L'Union».
Pourtant ils sont plusieurs à rappeler que lors de la campagne présidentielle Nicolas Sarkozy avait affirmé que la France «n'a pas vocation à rester en Afghanistan».
avec agence