Envoyé spécial à Pékin
Ils étaient tellement sûrs de leur fait lors de leur arrivée à Pékin que c'en était presque inquiétant. Finalement ils ne se trompaient pas.
Les nageurs et nageuses français quittent Pékin avec six médailles au fond de leurs sacs. Un bilan conforme aux ambitions annoncées, aussi remarquable que celui d'Athènes, inespéré au regard des maigres récoltes de Sidney (2000) ou Atlanta (1996).
«La victoire de Bernard c'est comme dix médailles d'or»
Surtout, observe le Directeur technique national Claude Fauquet, «la victoire d'Alain Bernard dans l'épreuve reine du 100 mètres nage libre c'est comme dix médailles d'or! Pieter Van Den Hoogenband, Alexander Popov, Matt Biondi, Johnny Weismuller... Alain Bernard figure désormais dans cette galerie-là».
Les autres médailles ont toutes été remportées par les hommes: le relais 4 x 100 mètres (argent), Amaury Leveaux (50 mètres nage libre, médaille d'argent), Hugues Duboscq (deux médailles de bronze en 100 mètres et 200 mètres brasse) et encore Alain Bernard (50 mètres nage libre, médaille de bonze).
«Ils font ce qu'ils disent»
Claude Fauquet voit dans ces résultats «le fruit d'un travail fédéral mené depuis des années». Mais il sait aussi la veine qu'a la natation française de compter sur des talents d'exception: «On a des nageurs de très très haut niveau. Et en plus, ce qu'il y a de formidable avec ces jeunes gens, c'est qu'ils font que ce qu'ils disent.»
Manaudou pas étrangère aux succès français
A Pékin la natation française a troqué une vedette pour une autre. Alain Bernard, qui devrait rester la star française de ces JO, a triomphé, pendant que Laure Manaudou a sombré. A Athènes, le bilan de l'ex-protégée de Philippe Lucas s'élevait à trois médailles, dont une en or. De Pékin, elle ne ramène rien, sauf des mauvais souvenirs.
Seule consolation pour la nageuse préférée des Français, elle n'est pas étrangère aux succès français. Ce sont les médaillés eux-mêmes qui ne cessent de le répéter: «C'est en voyant Laure sur un podium que j'ai eu envie d'une médaille à mon tour», jure Amaury Leveaux.
Bernard, Leveaux, Duboscq et les relayeurs auront sans doute créé eux aussi des vocations. Reste à espérer que certaines d'entre elles écloront à Londres dans quatre ans.