JO2008 - Amaury Leveaux remporte la médaille d'argent du 50 mètres nage libre. Il rêvait à mieux...
Envoyé spécial à Pékin
Il a, dans le dos, son nom tatoué, surmonté d'une couronne. Pas encore celle d'un roi, juste celle d'un prince. Samedi à Pékin, Amaury Leveaux n'a pas remporté l'or olympique sur 50 mètres nage libre, comme il en rêvait.
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Sa splendide deuxième place, conquise au terme de 21 secondes 45 d'un sprint transpirant l'énergie pure et la violence, pourrait le satisfaire. «C'est beau ce qu'il a fait, juge son entraîneur mulhousien Lionel Horter. Au ras du bassin cette course était incroyablement impressionnante. L'engagement physique et mental des nageurs n'était pas seulement total, ça allait encore au-delà.»
«Pas le plus beau jour de ma vie»
Pourtant Amaury Leveaux n'est pas comblé: «En voyant le tableau de résultat la première que chose que je suis dit c'est que je devais un restau à mon meilleur pote. J'avais parié avec lui que je serai champion olympique. Deuxième c'est bien, mais aujourd'hui n'est pas le plus beau jour de ma vie.»
Et Bernard, il va comment?
Avant la course, le nageur avait expliqué que son pire ennemi n'était autre que lui-même. «Je me connais, je suis capable d'avoir la tête complètement ailleurs les heures avant la course, de me mater un petit film au lieu de me préparer mentalement. Mais finalement ça a été, je suis resté concentré sur moi-même.» Bien aidé par Horter: «Ces dernières heures je suis resté avec lui, on a beaucoup parlé».
Leveaux a «de la violence en lui»
Si Horter n'a pas su domestiquer Manaudou, il aura eu le mérite de canaliser Leveaux. Le jeune nageur, 23 ans, 2 mètres 04, est un diamant :«Quelqu'un d'hors norme sur le plan biomécanique» souligne son coach. «Mais il a aussi de la violence en lui, qu'il faut canaliser.»
Hugues Duboscq, doublé médaillé à Pékin, surnomme son copain «déglingo». Ce n'est pas pour rien. «Amaury parle de manière inhabituelle, vit de manière inhabituelle» explique Horter, sans en dire plus. Leveaux, cheveux blonds peroxydés, a grandi dans une cité du Territoire de Belfort.
Ce grand généreux assure qu'il s'est entraîné comme un damné avant tout «pour être bon pour le relais quatre fois 100. Depuis un an je m'entraîne super sérieusement, j'ai tout mis de côté pour ça.» Dans sa quête, Leveaux aura tellement progressé, qu'on le présente
parfois comme le principal concurrent d'Alain Bernard pour les prochaines années.
Stéphane Colineau