Risque de récession : «On va s'en sortir à partir du printemps 2009»

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Publié le 19 août 2008.

ECONOMIE - Le PIB a baissé de 0,3% au deuxième trimestre... Décryptage.

«Moins 0,3% du PIB, c’est quand même grave» s’inquiète Marc Touati, économiste chez Global Equities. L’annonce ce vendredi par l’Insee des chiffres du PIB du deuxième trimestre, (c’est-à-dire la richesse créée sur le territoire national par tous les agents résidents) a quelque peu surpris les analystes. «On s’attendait à une baisse, mais pas aussi forte» reconnaît Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis. Et de pousuivre : «Elle était plutôt estimée autour de 0,1%».

La baisse équivaudrait à 0,6%

C’est la première baisse depuis le quatrième trimestre 2002 : elle vient ainsi confirmer le net ralentissement de l'économie,selon l’Insee. Pour Marc Touati, il s’agit, sans conteste, d’une récession. «Même si techniquement elle nécessite d’être calculée sur deux trimestres» précise-t-il. D’autant plus que les stocks ne sont pas pris en compte dans la baisse du PIB. Ils sont estimés à 0,3%. Ces derniers représentent ce qui a été produit mais qui n’a pas encore été vendu. «Cela ramène la baisse du PIB à 0,6%» confirme Marc Touati. « Il ne faut cependant pas se focaliser sur les stocks, surtout dans une première estimation du PIB» tempère Jean-Christophe Caffet.« Ils représentent un résidu statistique».

La conjoncture européenne rattrapée par l’économie mondiale

Si cette situation semble analogue à celle connue en 1993, la France n’est pas la seule à voir rouge dans la zone euro : l’Allemagne affiche un recul de son PIB pour la première depuis quatre ans, l’Espagne voit sa croissance ralentir au deuxième trimestre, pour ne citer qu’eux… Mais malgré un contexte mondial morose, comment expliquer cette baisse soudaine? «La conjoncture européenne a résisté dans un premier temps en raison d’un déphasage de cycle» explique Jean-Christophe Caffet. Celle-ci a donc été rattrapée par l’économie mondiale.

Forte baisse de l’investissement


Pour Marc Touati, on note une baisse de l’investissement des ménages, notamment dans le logement. Et elle risque de se poursuivre. « C’est dû au dégonflement de la bulle immobilière», explique-t-il. Selon lui, les entreprises pourraient, elles aussi, réduire leurs investissements. «Cela voudra dire qu’elles vont moins embaucher». C’est ainsi que s’enclenche un cercle vicieux : si le chômage augmente, les revenus diminuent, la consommation baisse, et du coup, la croissance aussi.

L’épargne de précaution

De plus, la croissance française était jusque-là soutenue par la consommation. Mais ces prévisions pourraient baisser le moral des ménages et les pousser à «l’épargne de précaution». « Le crédit est actuellement en crise. Il permettait de gagner 0,5% de croissance ces cinq dernières années» explique Jean Christophe Caffet.

Alors, dans ce contexte où tous les indicateurs sont mauvais, à quand la sortie de crise ? «On va s’en sortir à partir du printemps 2009», selon Marc Touati. L’Euro, en baisse, pourrait inciter les exportations et la baisse du prix du baril de pétrole faire regagner aux ménages un peu de pouvoir d’achat. Cependant, un an de récession risque de laisser des traces : «On pourrait avoir un taux de chômage qui repasse au-dessus de la barre des 8%», conclut Marc Touati.
Valérie Zoydo
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Emploi

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