Alors que le judo féminin français s’enfonce dans un marasme olympique qui n’est pas sans rappelé les jeux d’Athènes (une seule médaille), la lumière pourrait bien venir de Lucie Décosse, en lice mardi dans la catégorie des – de 63kg.
Car, depuis la déroute de Frédérique Jossinet et les déceptions La Rizza et Harel, Lucie Décosse doit non seulement enfiler le kimono de favorite, mais aussi celui de sauveuse de la nation. Pas vraiment de nature à inquiéter la championne du monde 2005, qui s’est tenue à l’écart du vacarme.
Aucun tour dans la salle, depuis son arrivée à Pékin, Lucie Décosse est restée loin, très loin des Jeux olympiques. «Lorsque tu vas dans la salle et que tu n'as pas encore combattu, tu croises quarante mille personnes qui te posent toujours la même question. Même si toutes les filles et les garçons, nous formons une vraie équipe, le judo reste un sport individuel, et j'ai besoin de cela pour me sentir bien.»
Elle n’a même pas jeté un coup d’œil à son tableau. «Tout le monde est au courant que je n'aime pas connaître mon tableau à l'avance. Un de mes entraîneurs a quand même réussi à m'en parler cette année dans une compétition. Il était là, à me faire une petite blague sur ma future adversaire, que je ne comprenais pas. A un moment il me dit "mais si, tu prends untel". Et j'ai répondu "mais c'est pas possible, t'es pas en train de me le dire!" (Elle rigole). Je crois que c'était le dernier à ne pas savoir!»
Lucie Décosse ne sait donc peut-être toujours pas que mardi matin, elle commence par affronter la Slovène Urska Zolnir, qu’elle avait battue en demi-finale à Rio de Janeiro, lors des derniers championnats du monde, en 2007. Bref, une pointure. Pas de quoi inquiéter la Française. «Si je me fais plaisir, que je m'éclate, et que je pratique mon judo habituel, je devrais me retrouver sur le podium.»
Arrogance? Pas forcément. Lucie Décosse sait bien que son principale adversaire, c’est d’abord elle-même. A Athènes, en 2004 (où elle a fini 7e), elle a payé pour l’apprendre. «J'ai craqué psychologiquement car je n'étais pas préparée mentalement. Quand je suis montée sur le tapis, j'avais peur. Parce que c'était les Jeux, parce que je ne savais pas si j'étais capable de faire quelque chose. Parce que je voulais trop bien faire, et qu'au final je n'ai rien fait.»
Depuis, Lucie Décosse, championne du monde en 2005 et vice-championne en 2007, a appris à appréhender les grands rendez-vous. «Je suis bien plus forte dans ma tête que la Lucie d’Athènes.» Le judo féminin français l’espère très fortement.