Envoyé spécial à Pékin
Elle file vite, la mâchoire serrée. Laure Manaudou n’accorde pas un mot à la presse, lundi matin à Pékin (11h40, 5h40 à Paris). Pas un mot d’explication, pour tenter de comprendre comment elle est passée à ce point à côté de sa finale du 400 mètres nage libre. Le 400 mètres, la distance qui lui a rapporté l’or à Athènes, la course où elle a si longtemps semblé imbattable, avant d’y devenir une nageuse presque banale.
Lundi matin, sur le bassin olympique, Laure Manaudou s’est élancé depuis la ligne d’eau numéro 8. Plus mauvais temps des qualifiées oblige.
Telle une sympathique nageuse exotique peu préparée
Les spécialistes n’attendaient pas forcément de miracle, aussi sont-ils agréablement surpris par son début de course. Manaudou vire en tête aux 50 mètres, aux 100 mètres, aux 150 mètres . Puis c’est le trou noir.
A mi-course Manaudou est septième, avant-dernière. La seconde partie de l’épreuve est un cauchemar. Manaudou glisse derrière toutes les concurrentes, jusqu’à accuser un retard considérable. Telle une sympathique nageuse exotique peu préparée, juste là au nom de l’universalité des Jeux olympiques.
Un temps surréaliste
Sur le tableau géant qui trône au-dessus du bassin, où s’affichent les temps intermédiaires, les sept premières nageuses s’affichent presque simultanément aux 250, 300, 350, puis 400 mètres. Mais il faut attendre pour voir apparaître le nom de la huitième, Laure Manaudou, qui termine dans ne temps surréaliste de 4''11'26, à 8 secondes de la médaille d'or. Par comparaison, la star de la natation française s’étaient qualifiée en finale en 4''04'93.
Que s’est-il passé? Partie trop vite, son corps n’a pas tenu le rythme? Il y a plus à parier que c’est la tête qui a flanché, dès qu’elle a compris que le podium ce ne serait pas pour elle.
Ces derniers mois sont décidément bien difficiles pour la championne. Jusqu’à quand?