Jossinet, 25 secondes de malheur

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Publié le 9 août 2008.

JO-2008. Comment tout perdre quand on est si forte? Un mystère pour la famille du judo français...

Envoyé spécial à Pékin

Un cri de stupeur a jailli des tribunes. De battre, le cœur des supporters de Frédérique Jossinet s‘est arrêté. Après 25 secondes passées sur le tatami à Pékin, cette grande judokate française vient de perdre, ce midi à Pékin (6 heures à Paris) tout espoir de remporter la médaille d’or en moins de 48 kilos. Quatre ans d’attente pour ça. Pour se faire contrer sur un uchi-mata (mouvement de jambe) comme une gamine écervelée qu’elle n’est plus depuis longtemps par une quasi inconnue kazakh, Kelbet Nurgazina, sur un contre d’une fluidité presque trop parfaite. Sans effort.

Ippon logique. Sur ce coup-là, Jossinet ne s’est même pas défendue. Comme si elle avait eu, une seconde ou deux, la tête ailleurs. Une heure et demie après sa défaite, elle revenait sur terre: "C'est quatre ans de sacrifices pour rien, je ne comprends pas ce qui s'est passé. Ca s'est joué sur une seconde. Des centaines de combats ont basculé pour moi en une seconde et là c'est pour elle. A Athènes j'étais la seule médaille du judo français, j'espère qu'ici je serai la seule non médaillée."

«C’était son grand rêve»

Seule médaille du judo français à Athènes, la Française, bientôt 33 ans, n’aura pas le droit à une revanche en finale sur la japonaise Tani. Elle est éliminée. «Championne olympique c’était son grand rêve, c’était sûrement sa dernière chance, c’est terrible», souffle une cadre de la fédération.

Frédéric Demontfaucon, en piste jeudi avec les moins de 100 kilos, a mal pour sa coéquipière. «Tout perdre sur 25 secondes sans chance de se rattraper alors qu’on sait qu’on est meilleure, c’est terrible.»

«Frédérique c’était une médaille assurée»

Pour le judo français, c’est un coup dur. «Dans notre esprit, Frédérique c’était une médaille assurée » avoue Jean-Pierre Gibert, intervenant technique auprès de l’équipe.

Difficile de trouver une explication à sa défaite. «Il n’y a pas grand-chose à dire » estime Demonfautcon. Peut-être qu’elle s’est un peu précipitée vers son attaque. Mais je sais pas.»

Pour Gibert, c’est juste la dure loi du sport de haut niveau:«Un dixième de seconde de relâchement et on est sur le dos.» Reste au judo français à se relever.


Stéphane Colineau
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