Un guerrier. Voilà comment se définit Guillaume Depardieu. Ce n’est donc pas un hasard s’il a joué dans le film de Bertrand Bonnello, «De la guerre». Au dernier Festival de Cannes, l’acteur confiait d’ailleurs au journal «Le Monde» avoir accepté le rôle «parce que dans le titre, il y a le mot "guerre".»
Pour Guillaume Depardieu, tout est combat. Même après un accident de moto, très grave, en 1995, il continue à conduire des deux-roues et vient d'en tomber de nouveau. Même amputé d’une jambe à la suite de cet accident et doté d’une prothèse, sa démarche ne semble rien en laisser paraître. Même s’il a soupé des médecins et d’une maladie nosocomiale, il ne coupe pas le cordon et créé une fondation d'aide aux victimes des infections contractées à l’hôpital.
Une vie de gangster
Aussi sec que son père Gérard est rond, Depardieu fils a la réputation de mordre. Surtout ceux qui le collent de trop près. Trafic d’héroïne, prison, amours célèbres, condamnation pour détention d'armes, menaces et violences avec arme sur un admirateur, en 2003: sa vie ressemble à celle d’un gangster, sinon d’un personnage des films qu’il adore jouer.
César du meilleur espoir en 1996 pour «Les Apprentis», Guillaume Depardieu traverse en effet le cinéma en incarnant, souvent, des individus à la marge: voleur dans le prochain film de Sarah Petit, ou SDF rebelle, dans «Versailles», qui sort cet été dans les salles. «Filmer Guillaume est assez incroyable car il a mille visages», raconte le réalisateur Pierre Schoeller. Tendre et dur à la fois.
Un type à part
Qu’importe qu’un juge lui ait ordonné des «soins psychologiques sérieux» pour «retrouver son équilibre», Guillaume Depardieu reste lucide: il sait la responsabilité de la paternité. Après avoir réglé ses comptes avec le sien via un livre, en 2004, le comédien, devenu à son tour père, n’élude rien: «j'ai peur de la répétition. Ma fille Louise, ça doit être mon chef-d'oeuvre. Je sais que, comme tout le monde, elle souffrira. Mais, si elle souffre à cause de moi, j'aurai tout raté.»
Reste que ses secrets de fabrication sont bien gardés. Quand on appelle son agent, ce vendredi matin, pour prendre de ses nouvelles, la réponse est lapidaire: «on n’a pas d’info. Au revoir!» Tut… tut… tut…
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